Réflexions sur le congé paternité et maternité

Depuis trois mois, je suis donc coincée chez moi, à m’occuper de ma fille, et même si le temps file à toute vitesse, cela n’empêche pas la réflexion. Passer autant de temps avec un bébé, aussi longtemps, permet évidement d’apprendre à le connaitre, à le comprendre et à mieux répondre à ses besoins. Cet article poursuit donc le cheminement commencé en septembre sur l’instinct maternel.

Comme beaucoup de pères autours de moi, le mari a pris son congé paternité immédiatement après le congé naissance, ce qui lui a permis de passer deux semaines à la maison quand nous devions découvrions le mode d’emploi d’un nouveau-né. C’était très intéressant, nous avons beaucoup appris l’un de l’autre, et les discussions étaient fréquentes pour essayer de faire au mieux. Puis, la vie a repris son cours, et en semaine, je suis maintenant seule avec Claude. Je la connais alors bien mieux que son père, puisque je suis amenée à identifier plusieurs fois par jours ses signes de fatigue pour savoir quand la coucher (par exemple). Le soir et le weekend, M. Presque Parfait s’en occupe beaucoup, mais presque toujours avec moi à côté (sauf le samedi matin, quand je pars faire les courses, pendant qu’il fait le ménage ou s’occupe de la petite). Et je réalise alors à quel point ses petites difficultés avec elle sont dues au peu de temps qu’ils passent ensembles.

Cela m’amène donc à ma réflexion. D’un point de vue strictement théorique, ne serait-il pas mieux pour l’enfant et le couple, que le père ait a minima un congé paternité aussi long que celui de la mère ? Cela aurait plusieurs avantages :

  • lui permettre de nouer un lien plus fort avec le bébé qu’en deux semaines
  • lui apprendre à mieux lire son enfant et ainsi savoir décoder les différents pleurs (non, ce n’est pas parce qu’un bébé pleure qu’il faut systématiquement lui donner à manger) (oui, situation vécue)
  • renforcer le couple (idéalement), en lui permettant de suivre ensemble l’évolution de leur bébé, jour après jour (enfin, si le congé paternité devait être pris en même temps que la mère)
  • soulager la mère, qui se fatiguerait forcément moins (du moins, dans les couples assez égalitaires)
  • lui faire prendre conscience de tout ce que l’on peut faire (ou pas) un congé maternité : ménage, cuisine, lessives, allaitement (biberon ou sein), rester à la maison de longues heures parce que bébé dort, s’ennuyer, se sentir désœuvrée…
  • cela impacterait aussi sa carrière professionnelle, et l’on arrêterait de demander uniquement aux femmes quand elles prévoient d’enfanter (ou si elles ont déjà des enfants), cela éviterait aussi le mother malus / daddy bonus

Et encore, je suis sure d’oublier des points dans ma liste…

Et si on rêvait un peu ?

congé paternité suisse
En Suisse, le congé paternité n’existe même pas

Toujours étant, plus je passe du temps avec Claude, et plus je reste persuadée qu’il faudrait, à terme, un congé paternité très long, et sans perte de salaire. Il faudrait aussi, évidemment, améliorer les solutions de garde une fois que les parents reprennent leur travail, pour éviter que seules les mères soient pénalisées dans leur carrière : plus de crèches, une meilleure reconnaissance du travail des assistantes maternelles (au féminin, car c’est encore malheureusement un emploi presque exclusivement féminin). Dans un monde idéal, un congé paternité plus long permettrait aussi un lissage des compétences, pour éviter les clichés du papa bricoleur et de la mère cuisinière, par exemple, ou du père qui ne s’occupe des enfants que pour du temps valorisant, et non du quotidien.

Dans un monde idéal, les mères ne seraient pas les seules à participer aux réunions scolaires ou à prendre leurs jours enfants-malades (quand elles en ont). Et cela pourrait découler, en partie, d’un long congé de naissance, car le père aurait renforcé son lien avec son enfant.

Ce long congé post-naissance éviterait alors à terme, l’emploi du terme instinct maternel, qui disparaitrait, puisque les deux parents auraient appris à comprendre leur enfant en même temps, et aussi longtemps.

Je sais que ce sont des réflexions qui sont loin de se concrétiser, surtout dans une période de repli sur soi, de retour aux valeurs dites traditionnelles, mais pourtant, ce serait bénéfique pour tout le monde. En s’occupant bien davantage de leurs enfants, que ce soit pour du temps de qualité ou moins valorisé, peut-être que le sexisme disparaitrait plus vite de la part des hommes, puisque les valeurs traditionnellement attribuées aux femmes seraient alors partagées (plus ou moins) équitablement.

Qu’en pensez-vous ? En tant que parent, père ou mère, seriez-vous favorable à un très long congé paternité ?

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