Pourquoi je souhaite accoucher à domicile

Lors de ma première grossesse, je songeais déjà, de loin, à accoucher à la maison, mais cet AAD (accouchement à domicile) est resté dans le coin de ma tête, car j’avais d’autres soucis à gérer, d’autres pépins de santé. Durant ces deux années, j’ai eu le temps de réfléchir, de mûrir ce projet, et c’est alors devenu une évidence : personne ne pourra m’empêcher d’accoucher où je le souhaite… si la santé suit.

Un accouchement physiologique

Bien que mon accouchement à la maternité d’Antony se soit plutôt bien passé, j’en garde malgré tout un mauvais souvenir : la sage-femme ne pouvait être pleinement auprès de moi, pour m’aider à gérer les contractions, on ne m’a pas encouragé à terminer sans péridurale, et surtout, l’arrivée de Claude a été plutôt cauchemardesque, car on me l’a immédiatement enlevée pour lui faire quelques manœuvres respiratoires, sans me dire ce qu’il en était. Lorsque la SF qui me suit a lu le compte-rendu de l’accouchement, elle a compris ce qu’il s’était passé, et m’a enfin permis de tout comprendre.

Cet accouchement, sans trop de difficultés, était encore loin d’un respect complet de son déroulement « naturel », il était trop médicalisé. Or, depuis, je souhaite respecter davantage mon corps, mieux écouter la nature, et de nombreuses lectures m’ont confirmé que l’AAD répondrait à ce souhait.

L’accouchement physio implique de permettre à la femme d’être tranquille le plus longtemps possible, dans une atmosphère calme, aux lumières tamisées, pour qu’elle puisse se concentrer sur son corps, et rentrer dans ce que l’on appelle « la bulle », qui lui permet de secréter les hormones nécessaires pour atténuer la douleur, les endorphines, mais aussi de revenir à un état primaire, où le cerveau reptilien reprendre le dessus. Or, ces deux conditions sont impossibles à obtenir à l’hôpital, alors qu’elles sont nécessaires pour éviter toutes les complications liées aux procédures médicales.

En restant chez elle, dans un environnement sûr, intime, la femme peut alors plus facilement se concentrer sur le nécessaire, sur elle-même, et laisser venir le bébé.

Comment se prépare et se déroule un AAD ?

Quelques conditions sont strictement nécessaires pour mener ce projet à terme :

  • une grossesse sans complication
  • être suivie par une sage-femme qui pratique ce type d’intervention (et qui sont malheureusement de plus en plus rares)
  • pas de diabète gestationnel (certaines SF sont plus tolérantes)
  • une grossesse « unique » (pas de jumeaux / jumelles)
  • un bébé qui se présente par la tête (il vaut mieux éviter les sièges)

La difficulté principale, en France, reste de trouver une SF qui accepte de nous suivre, tant les pouvoirs publics leur rendent la tâche impossible. C’est ainsi que les noms circulent un peu sous le manteau, et dans mon coin, la moyenne banlieue sud, impossible d’en trouver une à côté, elle est à 45min de route. Et j’ai eu de la chance, elle a accepté de me suivre, malgré la distance, parce que je l’ai appelé moins d’un mois après le début de ma grossesse.

Et pourtant, au Royaume-Unis ou en Hollande, 20 à 30% des accouchements se font à domicile, car le coût est bien plus faible qu’à l’hôpital.

aadL’AAD permet d’être libre de bouger, de manger, de boire, de rester dans sa baignoire, de choisir sa position finale, d’écouter de la musique, tout en étant accompagnée par une professionnelle là uniquement pour nous, pour nous soutenir et nous motiver. Le respect de la physiologie permet également de diminuer drastiquement tous les risques d’un accouchement à l’hôpital, où les procédures peuvent avoir de nombreuses conséquences en cascade. Ici, nul respect du fameux « 1cm de dilatation par heure », la SF connait le corps humain, a de l’expérience, et laisse le corps suivre son rythme, tant que le bébé va bien.

Évidemment, la SF vient avec du matériel médical, tout le nécessaire pour réanimer un bébé (ce qui est très rare malgré tout), et nous transmet une liste de petites choses à prévoir : des serviettes, des draps, des protections pour les meubles, les vêtements du bébé, de quoi manger (pour elle et nous), etc…

Comment j’imagine mon AAD ?

Grâce à ma SF, je devrais pouvoir installer une piscine dans le salon, qui me permettra de mieux supporter les contractions lorsqu’elles deviendront plus intenses. Je pourrai aussi mettre la musique souhaitée, et continuer à bouger autant que possible. Je sais que je pourrai aussi compter davantage sur le mari, qui a un rôle bien plus important.

J’espère pouvoir rentrer dans ma bulle facilement, en laissant toute l’organisation pratique au mari (dont la garde de notre fille), avec aussi la préparation de deux autres éventuels endroits où je pourrais accoucher : le canapé ou le lit… qui devront donc être recouverts de bâches et autres alèses de protection.

Je me suis beaucoup renseignée sur la gestion de la douleur, je connais bien mieux toute la physiologie du corps, de ce qu’il devrait se passer, et je suis prête à la laisser venir, car j’ai compris son importance. Je me sens prête, tout simplement.

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