Dire au revoir à une maison de vacances

Il y a pile un an, j’apprenais le décès d’un oncle maternel, que je connaissais un peu, mais pas tant que ça finalement. Sa mort était prévisible, il luttait contre un cancer depuis quelques années. Il était architecte, et l’un de ses premiers projets d’envergure fût la rénovation intégrale de la maison provençale de mes grands-parents, devenue notre maison familiale, notre point de ralliement dans le Sud. D’un simple mas, d’une simple ferme, il en avait fait une grande maison familiale, d’une dizaine de chambres. C’était donc son bébé, qu’il connaissait par cœur, puisqu’il a toujours habité à Avignon.

Pour mes grands-parents, qui ne peuvent plus guère y aller aussi longtemps qu’avant, la vendre était une évidence : aucun de leurs enfants ne pourrait l’entretenir correctement, ni même supporter le rachat des parts des autres. Nous, les petits-enfants, savions que la vente aurait lieu dans les années à venir… mais pas aussi vite, pas aussi brutalement. L’annonce a été faite trois jours après le décès de cet oncle, alors que ma mère acceptait juste la perte de son grand frère. Pour elle qui y avait passé une grande partie de ses vacances, ce fût une terrible nouvelle. Beaucoup trop brutale. Pour moi aussi.

Il m’a bien fallu plusieurs mois, entre avril et juillet 2018, pour accepter cette nouvelle, pour accepter ce deuil supplémentaire (ce mois-là, j’ai perdu trois personnes plus ou moins proches, et cette maison).

Une maison de vacances

Cette maison, j’y suis allée depuis ma naissance, et j’y passais tous les mois de juillet jusqu’à l’adolescence. J’y ai appris à nager, à faire du vélo sans petites roues, mais j’ai aussi appris à m’ennuyer durant les longues siestes. J’en garde énormément de souvenirs, avec ma mère, mes grands-parents, parfois quelques cousins, des amies, ou celles de ma mère…

J’aimais profondément cette maison, pourtant dans une région trop chaude (pour moi), mais parce que c’est celle de mes grands parents, dont je suis encore proche. Le jardin avait l’odeur caractéristique de la campagne provençale, avec l’odeur des pins, et le bruit des cigales, si agréable les premières secondes, nous tapait vite sur le système. Les activités répétitives, avaient un air de vacances : vélo, ping pong, bac à sable, hamac, barbecue, natation, danse synchronisée, foot, jardinage… Les jours se suivaient, identiques, et pourtant tellement différents.

Dire au revoir à une maison de vacances, familiale, avec tant de bons souvenirs, reste à peu près aussi difficile que le deuil d’une personne proche. On pourrait croire l’inverse, puisque ce n’est qu’un lieu, mais c’est quitter ses souvenirs, se dire qu’on ne pourra en créer avec ses enfants.

En fait, cette maison représente mes grands-parents, et cette vente préfigure pour moi leur disparition, c’est peut-être pour cela que l’acceptation a été aussi dure.

L’été 2018, j’ai pu y passer deux semaines, pour lui dire vraiment au revoir, et y aller comme avant, m’a permis de mieux accepter cette séparation. Maintenant, quelques mois plus tard, alors que je viens de terminer mon livre photos 2018, la douleur est moins vive, et je pense principalement à tout ce que j’y ai vécu, tout ce qu’elle m’a apporté. Et cela va un peu mieux.

Le cabanon

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Qui servait autrefois pour stocker les outils, et avec de l'eau courante, depuis une pompe manuelle.

Elizabeth

Blogueuse dinosaure, je tiens ce blog personnel depuis une dizaine d'années, pour parler de ma vie perso.

4 réflexions sur “ Dire au revoir à une maison de vacances ”

  • 19 avril 2019 à 13 h 55 min
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    C’est toujours douloureux de se séparer d’un endroit qu’on affectionne et qui nous a vu grandir… Car il regorge de souvenirs et laisse imaginer la vie sans nos ainés.. J’imagine donc ta douleur.

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    • 19 avril 2019 à 16 h 30 min
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      Merci pour ton message, c’est vrai que ça a a été difficile.

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  • 22 avril 2019 à 12 h 57 min
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    C est jamais simple de dire au revoir à une partie de nous…. ça s atténuera avec le temps encore, et tu en garderas des magnifiques souvenirs tu pourras en parler avec des amis et si un jour tu s des enfants avec eux.

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    • 23 avril 2019 à 9 h 36 min
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      Merci, oui, le temps aide à cicatriser, comme pour tous les deuils…

      Réponse

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