Vivre avec deux filles très jeunes

Julie a maintenant 5 mois, et nous avons tous repris le travail depuis cette semaine : je suis restée à la maison jusqu’à ses 4 mois, puis le mari a pris le relai pendant un mois. Nos deux filles sont chez la même assistante maternelle, et nous rentrons alors dans le quotidien boulot / transports / speed / dodo. Clairement, avoir deux enfants de 26 mois d’écart reste difficile, et ma patience en prend un coup.

L’amour ne se divise pas, il se multiplie

Il m’a fallu près d’un mois, pour concrétiser ce proverbe. Comme j’ai essayé d’allaiter Julie le plus possible au début, j’avais du mal à l’aimer vraiment pour ce qu’elle était, pour elle, et non pour la projection de ce que j’en faisais. Comme pour sa sœur, je déteste le premier mois après la naissance, l’absence d’échange entre le bébé et moi, ou du moins, l’impression de ne pas en avoir, me gêne. Alors, au début, je regrettais énormément de ne pouvoir passer autant de temps avec Claude que je le souhaitais. Heureusement, à ce moment-là, elle semblait ne pas avoir vraiment compris que le bébé était là définitivement : elle était facile à vivre.

Toutefois, je n’étais pas inquiète sur ma capacité à aimer ce nouveau bébé. Pour l’avoir expérimenté, je savais que l’amour se multiplie sans difficulté, j’attendais le moment où cela arriverait. Cela a pris un mois, mais depuis, j’aime mes deux enfants avec la même force, la même animalité : je suis leur mère, et prête à beaucoup pour protéger mes filles. Chacune est différente, chacune m’apporte un bonheur différent.

Le quotidien, ou comment ne pas voir les jours passer

Claude a 2.5ans, et ses besoins primaires sont toujours aussi importants : elle est encore trop jeune pour arriver à attendre, c’est normal, et je ne le lui demande pas (trop). Nous sommes encore dans la fameuse période dite d’opposition, ou plutôt d’affirmation, et on est clairement dans le fonctionnement « un parent / un enfant », limite en mode survie. Pendant ce temps, sa petite sœur, Julie, vit sa vie tranquillement. Toujours souriante, grande observatrice de tout ce qui se fait autour d’elle. Et heureusement. Je ne sais pas comment nous ferions si nos deux enfants étaient aussi têtues / fortes de caractères que l’aînée peut l’être.

Cela ne fait donc que quelques jours que nous cherchons notre rythme, mais clairement, tout est déjà très (trop ?) routinier, et trop rapide. Du lundi au samedi matin, c’est la course : arriver à manger / s’habiller en moins de 2h. Avec une fille aînée têtue, et au caractère bien trempé, toute la difficulté reste dans le respect du timing. Alors, comme la nourrice est conciliante, elle part souvent se promener pendant 20min le matin, en pyjama. Comme elle n’a jamais froid, pour l’instant, l’expérience ne lui pose aucun problème. Et je sais qu’elle ne se fera pas gronder là-bas. Mais clairement, on n’arrive pas à trouver une solution.

L’aînée demande encore beaucoup d’attentions, moins la seconde, alors on se débrouille. Pour l’instant, Claude me réclame beaucoup, ce qui m’empêche de passer du temps avec Julie, et je le regrette souvent.

Et le couple dans tout ça ?

Il en prend un coup, c’est clair. Claude a énormément besoin d’être rassurée, elle ne peut s’endormir seule, alors, à tour de rôle, on reste dans sa chambre jusqu’à ce qu’elle dorme. Elle est une petite dormeuse, elle s’endort entre 21h30 et 22h, quelle que soit l’heure à laquelle on commence à jouer / lire dans sa chambre. Julie, elle, s’endort plus tôt et plus facilement. Alors, on ne voit plus après le dîner, car la personne qui couche Claude s’endort souvent avec elle. Sans compter ses réveils nocturnes, durant lesquels le mari termine souvent sa nuit avec elle.

Je savais que la petite enfance était une période difficile, qu’avec deux enfants si rapprochées et si jeunes, les premières années seraient difficiles, mais on ne le réalise pas vraiment tant qu’on ne l’a pas expérimenté pleinement. Pour l’instant, on tient, car on forme une bonne équipe, mais en relisant les articles sur le début de ma relation avec Monsieur Presque Parfait, je réalise à quel point ça me manque de ne plus passer rien que 2h, seule avec lui. Mais ça ne durera qu’un temps, elles grandiront vite, et j’espère que nous arriverons à nous retrouver. Il est vrai qu’on ne peut s’appuyer sur personne, pour avoir de l’aide, et le baby sitting est encore impossible, les filles sont trop jeunes. Même quand Julie sera plus grande, cela restera compliqué, on est trop isolés dans notre moyenne banlieue, difficilement accessible en transports en commun. Mon côté pessimiste a du mal à voir l’avenir en rose pour cette partie-là, mais qui sait, on partira peut-être un jour ? 😉

Alors, quand vendredi dernier, on a pu profiter d’une matinée tous les deux, c’était l’extase, à tous points de vue.

Elizabeth

Blogueuse dinosaure, je tiens ce blog personnel depuis une dizaine d'années, pour parler de ma vie perso.

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