Septembre, la première rentrée scolaire de Claude

2 septembre 2016 – 2 septembre 2019 : trois ans qui seront passés à toute vitesse. On m’avait dit que le temps s’accélérait avec des enfants, mais pas à ce point. Dans quelques mois, Claude rentrera à l’école, et finalement, c’est un évènement qui m’enchante plus qu’il ne m’effraie. Est-ce lié à l’école que nous avons choisi? Certainement.

Intégrer ou non l’éducation national ?

Dans notre fonctionnement parental, l’éducation scolaire est une thématique principalement dévolue au mari. A lui de se renseigner sur l’enseignement actuel, sur la manière dont les enfants sont accueillis, accompagnés et encouragés à apprendre. On a discuté de nos souvenirs de classe, de l’école et de ce que cela nous avait apporté. Nous en avons conclu que le système classique français n’était guère positif, et m’avait même freiné dans mes envies d’apprendre. Alors, on s’est penché sur les pédagogies alternatives.

école libre pour apprendre couverture Nous avons commencé par le pavé Le guide des pédagogies alternatives, qui recense les plus grandes alternatives, de manière chronologiques, depuis le XIXème siècle, jusqu’aux années 1970. Il est dense, mais très pratique, car chaque chapitre est construit de la même manière, avec une présentation de l’auteur / autrice, de ses principes, des activités spécifiques à mettre en pratique. Il nous a bien aidé dans cette ébauche de réflexion sur notre volonté de quitter le système scolaire classique. Puis le mari a lu le livre de Peter Gray, Libre pour apprendre, sur l’importance du jeu pour apprendre, plutôt qu’un enseignement passif, avec un.e professeur.e. Cette manière de voir les choses, où l’enfant redevient actif de ses apprentissages, en suivant son rythme, l’a définitivement convaincu. Il voulait absolument que Claude intègre une école dite démocratique, pour lui permettre d’avoir l’épanouissement que nous n’avions pu avoir. Après avoir assisté à quelques réunions de futures écoles, je partageais son avis, presque jalouse de la chance de Claude 😉

Trouver LA bonne école

Depuis quelques années, les ouvertures d’écoles alternatives, hors contrat, se multiplient et tant mieux. Nous habitons en moyenne banlieue parisienne, et nous redoutions de ne pas avoir ce type d’établissement à proximité. C’était en effet le cas au début de nos recherches, mais deux écoles étaient prêtes à s’ouvrir, il ne leur manquait qu’un local. Puis, l’une des deux a trouvé ce qu’elle cherchait, dans un ancien cinéma, et a pu ouvrir pour la rentrée 2018. M. Presque Parfait a alors participé à de nombreuses réunions à destination de parents de possibles enfants scolarisés, et son enthousiasme était toujours là. Outre l’orientation de l’école vers une éducation proche de l’unscholing en groupe, il a rapidement compris que les encadrants étaient très à l’écoute, et formés à la communication non violente, pour un meilleur respect de l’enfant, en tant qu’humain. Cette école ne favorise pas une pédagogie en particulier, mais se rapproche plutôt de la philosophie de l’école Sudbury (USA), où l’enfant fait la démarche de demander à apprendre, par le jeu, par des lectures, par des discussions.

Avant d’accepter un nouvel enfant, surtout si jeune, les parents et l’enfant viennent à l’école pendant 2h, pour discuter avec l’équipe, et continuer à poser des questions sur leur fonctionnement. Le/la futur.e élève est totalement libre pendant ces deux heures, de jouer, de découvrir les lieux, ce qui permet à l’équipe de voir son niveau d’indépendance. Chaque tranche d’âge ne peut dépasser quatre enfants, pour permettre un meilleur brassage, et pour éviter de n’être qu’une grande maternelle. Nous craignions de ne pouvoir y mettre Claude dès septembre, car elle n’était pas la seule à pouvoir intégrer l’école à ce moment-là. Cependant, son indépendance pendant cette petite réunion les a rassuré : elle est suffisamment mure pour venir, puisqu’elle est très rapidement partie jouer avec les autres enfants, et acceptaient de rendre les jouets, quand cela était nécessaire. Cela m’a aussi rassuré, car j’ai pu voir comment les colères enfantines étaient accompagnées et respectées.

Un sacrifice financier

Mettre son enfant dans une école de ce type, hors contrat, a un coût important : plus du double de l’école publique (où nous devons payer la cantine, la garderie après l’école…). Nous avons 3 mois pour savoir si on peut s’en sortir, puisqu’au final, cela nous coûte à peu près la même chose que d’avoir nos deux filles chez leur assistante maternelle, en même temps. Je ne sais pas si nous nous en sortirons financièrement, peut-être que la renégociation de notre emprunt immobilier nous aidera, nous apprendrons certainement à vivre différemment. Mais si cela peut permettre à Claude d’être heureuse, alors, le jeu en vaut la chandelle.

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