A trois, on y va

A trois on y va, très joli film sur un éternel triangle amoureux, mais avec une vision plus moderne que ce dont on a l’habitude de voir. Le pitch ? Micha & Charlotte viennent de s’acheter une maison à Lille, mais au bout de 4ans, leur couple bat vaguement de l’aile. Alors, Charlotte trompe Micha avec Mélodie, puis un peu plus tard, ce sera au tour de Micha de tromper Charlotte avec Mélodie. Elle se retrouve alors au centre d’un triangle, partagée entre son amour profond pour Charlotte et ce qu’elle découvre pour Micha. Puis, doucement, lentement, les choses se font très naturellement pour basculer vers un trouple. Mais avant cette nouvelle aventure, nous assistons à une jolie comédie romantique, forte de la tradition des vaudevilles français, en renouvelant le genre puisqu’il y a une seule amante pour les deux membres du couple initial.

J’ai adoré quasiment tout le film, mais comme une Madmoizelle l’a justement relevé, la fin ne m’a guère plu… ce que je n’ai manqué de dire au réalisateur après la projection ! Mais si on fait abstraction de la fin, quel film magnifique : les acteurs sont parfaits, beaux (ah, Anaïs Demoustier, et ses sublimes taches de rousseurs), les situations s’enchainent logiquement, tout semble couler de source, et les situations vaudevillesques sont amusantes et font mouche. Ainsi, sans rien révéler du film, une scène est si juste : Mélodie quitte à un moment la maison de Micha / Charlotte, après avoir vu d’abord Charlotte en douce, puis être tombé sur Micha, et on la voit à un moment dire au revoir aux deux, l’un au rez-de-chaussée, l’autre à l’étage, qui la presse de partir, de crainte d’être découvert-e.

J’ai aimé que cette situation encore inhabituelle soit aussi naturelle, que les scènes de baisers volés soient aussi tendres, et qu’il n’y ait jamais le moindre jugement ni sur Charlotte, ni sur Mélodie. Et la scène de sexe où ils sont tous les trois, comme elle est juste, belle, et naturelle. C’est là que j’ai repensé à la Vie d’Adèle, et oui, les relations entre les deux actrices étaient clairement filmées comme du porno vu par et pour un hétéro. Ici, non : le genre des personnages importe peu, on les devine dans leur bulle amoureuse, exactement ce que je pouvais ressentir il y a quelques années. Et la complicité entre les trois, lorsque la situation a basculé est tellement réelle, juste, forte.

Parlons un peu des acteurs… parfaits. Certes, j’ai eu un coup de foudre pour Anaïs Demoustier, tellement excitante dans le film, belle, forte et pourtant si perdue. Sophie Verbeeck, brune aux yeux bleus magnifiques, campe parfaitement une amoureuse sauvage, émue par ses amours. Félix Moati campait un bel amoureux, un peu perdu face à ces deux femmes, fortes, et qui s’efface doucement. Les deux femmes sont bien plus présentes que Micha, mais cela ne nuit en rien à l’histoire, au contraire.

Anaïs Demoustier

L’échange avec le trop peu nombreux public était intéressant, et apparemment, les trouples commencent à se multiplier, comme le racontait une spectatrice, qui avait aimé le film à cause de cela, pour mieux comprendre des amis à elle. La fin a apparemment souvent gêné le public, on n’était pas les premiers à le faire remarquer à Jérôme Bonnell, dont la maturité à 38 ans est impressionnante (bon, il en fait 10 de moins !). Mais j’aimerais tant le rassurer, lui dire que malgré cette fin, le film est magnifiquement filmé, les acteurs parfaits, et l’histoire si jolie

Le film sort le 1er avril, et franchement, allez-y !

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