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L’accouchement: cauchemar ou supportable ?

« Claude » est née le 2 septembre, à 22h, et cette dizaine de jours de recul et de découverte de la vie à trois me permet de revenir plus tranquillement sur mon accouchement. Jusqu’à récemment, de tels récits étaient rares, ce moment devant rester dans l’intimité d’un couple, mais je pense que cela peut être intéressant de partager son expérience, si cela peut en rassurer certaines.

Comme je le disais dans mon précédent article, je redoutais tant de subir une épisio que j’avais fait tout le nécessaire pour l’éviter, en buvant tous les jours mon bol de tisane de framboisier et en me massant (difficilement) le périnée.

Le pré-travail

La toute première contraction a eu lieu le 2 septembre, tôt dans la nuit. Elle était si faible que je me suis demandée ce que c’était, et au bout de la quatrième, quelques heures plus tard, je me suis dit que cela devait être une vraie contraction (après avoir regardé sur internet à quoi pouvait ressembler une contraction). Vers 7h, je commençais à contracter à peu près toutes les 10min, ce qui me semblait particulièrement rapide. Elles étaient encore assez peu douloureuses, et un bon bain de près d’1h30 les a complètement calmées (le temps de regarder deux épisodes de The good wife).

Elles ont repris vers midi, en étant alors très espacées, et supportables. J’ai pu réussir à les calmer avec l’aide de ma mère, dont la présence à la maison était une heureuse coïncidence. J’ai de nouveau repris un bain, chaud, et elles se sont de nouveau calmées. Sauf que rester dans le bain, alors qu’il faisait près de 28/30° dans l’appartement était assez difficile. Au moins, je n’avais plus mal, je souffrais juste de la chaleur!

Elles se sont alors vraiment accélérées vers 17h, alors que cela faisait près d’une heure que j’étais assise sur un ballon de grossesse, à essayer de calmer tout cela. Le mari devait rentrer vers 18h, et l’attente a été de plus en plus difficile, je n’arrivais plus beaucoup à me focaliser sur le temps calme entre chaque contraction. Je sentais que l’accouchement se rapprochait, mais comme j’étais encore loin des fameuses « contractions toutes les 5min pendant 2h », j’espérais que leur fréquence se stabilise. Heureusement que ma mère me répétait de bien respirer, de me focaliser sur autre chose, cela m’a permis de tenir…

Finalement, le mari est arrivé, et ma mère m’a très fortement conseillé de partir, m’expliquant que ma grand-mère paternelle avait tendance à être très rapide lors de ses accouchements.

L’arrivée à la maternité

Le trajet, bien que très court, a été particulièrement éprouvant, notamment parce que la position dans le siège passager était tout sauf confortable. Ne parlons pas des 200m à parcourir en marchant du parking à la maternité, qui m’a pris près de 10min, tant les contractions m’empêchaient d’avancer !

Finalement, on m’installe directement dans une salle de travail (j’échappe à la salle de déambulation), et la sage-femme m’annonce que je suis déjà dilatée à 4 (on accouche à 10, pour info) : j’ai donc déjà fait pratiquement la moitié du travail. Fort heureusement, ce soir-là était calme, j’ai donc eu la chance d’avoir une sage-femme présente avec moi en permanence, pour me rappeler comment respirer, comment pousser, comment accompagner l’arrivée du bébé. Je continue donc à essayer de respirer au mieux, et je me rends compte, maintenant, à quel point je n’ai pratiquement pas fait attention au père, pourtant toujours à côté de moi: il avait beau me rappeler comment faire, je n’écoutais que la SF.

A ce moment-là, on n’a aucune notion du temps qui passe, comme les contractions se rapprochent, les gérer devient très difficile. A un point tel que je n’arrive pas à changer de position pour savoir à combien suis-je dilatée: chaque mouvement du bassin provoque une nouvelle contraction. Jusqu’à présent, je tenais sans péridurale, mais à la fin, je suis perdue, entre la douleur et les vagues qui se rapprochent, et je décide finalement de terminer avec la péridurale, pour arriver à me calmer.

L’accouchement à proprement parler

A l’hôpital d’Antony, le service de la maternité a un-e anesthésiste présent-e en permanence, dédiée uniquement à l’accouchement, ce qui permet de le faire venir en moins de 5min. Et là, bonheur: il ne se sera écoulé qu’à peine 5min entre son arrivée, et l’effet ressenti de la péridurale. Malheureusement, vu ma douleur, elle sera assez forte, je n’ai pratiquement plus aucune sensation dans le vagin, mais je sens malgré tout encore les contractions arriver. L’équipe (avec l’accord du gynéco de garde) décide de me laisser me reposer pendant une vingtaine de minutes, et cela me fait un bien fou: j’arrive à reprendre mon souffle, à me calmer, bref, à redevenir zen.

Lorsque la sage-femme revient, elle constate que la tête du bébé est déjà prête à sortir, on m’installe sur le dos, et tout s’accélère. Alors que j’étais dilatée à ~8 avant la péri, le travail commence maintenant, à peine 20min plus tard. Et la sortie du bébé sera très, très rapide : en 4 poussées, on me pose ma petite puce sur le ventre… Et là, je réalise qu’elle n’a pas crié, et mon cœur de maman s’arrête immédiatement, prise de la plus grande terreur de ma vie: est-elle vivante ? L’équipe la reprend, l’installe dans un berceau juste à côté, et la réanime, d’abord par un tuyau dans le nez, puis par une véritable intubation avec un masque à oxygène. Je ne sais pas combien de temps aura duré cette scène, mais je pleure en continue, inquiète au possible, devinant au passage par les encouragements de l’équipe envers notre bébé qu’il s’agit d’une petite fille, et encore maintenant, je ne peux penser à ce moment-là sans pleurer. Après une telle épreuve, après l’avoir portée pendant 9 mois, je n’arrive à me dire que tout peut s’arrêter, là, subitement. Je ne l’aurais vu que 30s, mais déjà je suis prête à tout pour l’aider, la revoir, l’aimer. Finalement, sans crier fortement, on me la ramène, vivante, mais un peu choquée. Je ne saurais jamais si elle aura eu besoin de cette aide à cause de l’attente après la pose de la péridurale, ou parce que la fin de l’accouchement aura été trop rapide, et l’aura sonnée.

apgar accouchementPeu importe, j’ai ma fille sur moi, et je la réconforte autant que possible, pour la faire passer du violet au rose… Elle tète déjà avec appétit, mais difficilement car elle a du mal à prendre correctement mon sein, sa bouche refusant de s’ouvrir en grand.

De la voir, comme ça, apaisée, calme me remplit d’une immense vague d’amour, et même si je trouve qu’elle ressemble à n’importe quel nouveau-né, c’est ma fille, ma petite Claude, dont le prénom lui va parfaitement.

Et le père dans tout cela ? Il m’aura aidé tant qu’il a pu, il aura su me calmer quand je pleurais, et sera très ému de la porter pour la peser, et suivre les premiers soins que l’on donne aux nouveaux-nés.

Et ma préparation ? 😉

Apparemment, la tisane de framboisier aura été efficace, puisque l’utérus aura travaillé très rapidement. Le massage du périnée aussi, puisque j’ai pu éviter une épisio, pour avoir une toute petite déchirure, qui n’aura nécessité que 5 petits points de suture.

L’accouchement m’aura aussi permis de réaliser à quel point j’ai été épargnée par les douleurs physiques dans ma vie. J’ai la chance d’avoir des règles très peu douloureuses, tout juste gênantes, et je pense que j’aurais pu éviter la péridurale si j’avais eu davantage l’habitude d’une douleur physique. Fondamentalement, l’accouchement n’était pas si douloureux (le pire reste à venir), mais je n’ai pas su gérer cette nouveauté. Je ne me suis jamais rien cassé, et à part mes maux de tête migraineux, j’ai découvert la souffrance cette année, avec mes crises de calculs biliaire et cet accouchement. Bref, ce fût donc aussi assez instructif.

Je suis arrivée à la maternité à 18h30, Claude est née à 22h.

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1 Comment

  • mirabelle 28 septembre 2016 at 10 h 39 min

    Avec du retard mais de tout cœur !!! Bienvenue à ta petite puce et je te souhaite de profiter de vos vies à 3. L’accouchement et la rencontre avec nos enfants sont toujours un mélange d’émotions tellement complexes…quel soulagement de l’avoir dans tes bras en bonne santé.

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