Ce corps que je déteste

Vénus par BoteroEn ce moment, je suis en train de trier mes vêtements achetés depuis l’adolescence, pour les mettre en vente et gagner de la place. Cela m’a permis de réaliser que mes complexes sur mon surpoids sont quasiment uniquement dus à mes parents, et à leur souhait d’avoir une fille / femme mince, et non grosse. Ainsi, lorsque ma puberté et ma croissance étaient terminées, je faisais du 38, pour 1.57m : soit quelques rondeurs agréablement placées là où il faut, mais rien de bien méchant. Et pourtant, j’ai tellement bien assimilé les reproches des parents, que j’ai insidieusement commencé à grossir de plus en plus durant la vingtaine. Certes, un changement de pilules n’a pas aidé, mais je doute qu’il en soit complètement responsable. Je suis ainsi passée doucement, mais surement, d’un 38, à un gros 44 maintenant… pour m’approcher beaucoup trop dangereusement d’un 46.

Quand j’y songe, quand je regarde ces hauts, ces jupes, et la taille qu’il fallait pour rentrer dedans, je n’arrive pas à comprendre pourquoi les parents faisaient à ce point une fixette dessus. J’en ai d’ailleurs reparlé à ma mère il y a quelques mois, en lui demandant pourquoi elle considérait un 38 comme « beaucoup trop gros », alors que cela ne pouvait absolument pas être le cas. Surtout quand on songe que tous mes partenaires ont toujours, toujours aimé mes rondeurs. Sa réponse « mais si, c’était gros »… preuve que toute ma vie, mes parents me trouveront trop grosse (en ce moment, je ne peux pas leur donner tort, c’est vrai).

Je commence à réaliser doucement à quel point j’ai finalement été élevée dans un milieu répressif, où tout est vu de manière négative, car ce complexe n’est pas arrivé par hasard. Cette haine que je porte à de trop nombreuses parties du corps aurait pu être masqué par une sur-valorisation de ses atouts : de très jolies jambes, de jolies fesses… Et non par une obsession sur cette tendance à vouloir manger, pour compenser beaucoup trop de choses.

Il y a quelques années, juste avant mon premier mariage, j’avais écrit un article tellement dur vis-à-vis de mon corps que mon père en avait été cruellement blessé. Je ne pourrai plus écrire exactement la même chose, car 8 ans plus tard, j’ai compris les erreurs des parents, j’ai compris que malgré mon surpoids, je pouvais plaire, j’ai compris que de toutes façons, je serai éternellement trop grosse. Mais la seule chose qui n’a pas changé d’un iota, c’est ce dégout quand je passe devant un miroir en pieds, où je vois tout ce qui ne marche pas, et où, souvent, j’aimerais pouvoir prendre ce ventre et le découper pour le faire partir. J’aimerais pouvoir réussir aussi à comprendre / intégrer que pour compenser une erreur des parents, je devrai être au régime toute ma vie.

Les régimes, parlons-en

J’ai commencé mon tout premier à l’âge de 8 ans, et dans les années 80, c’était ultra draconien : épinards nature, pas de féculents, plus de pain (mais des biscottes), et j’en passe. Tellement strict que je me vois encore pleurer devant mes épinards, pendant que ma sœur et mon frère avaient de la purée Mousseline (oui, ma mère n’a jamais cuisiné pour le quotidien). Je pense que ce régime a commencé à me perturber, car depuis, j’ai des réflexes de grignotages qui reviennent puissance 1000 dès que je me retrouve chez mon père ou ma mère, alors qu’ils sont peu fréquents quand je suis à la maison. Et cette diète forcée a signé le début d’une longue série de régimes différents : à 33 ans, j’en ai déjà fait 5, qui m’ont tous fait grossir davantage. L’effet yoyo ? Oui, je connais parfaitement. J’en ai tellement marre, qu’en ce moment, je suis en pleine phase de rejets de régimes, et je cuisine, je cuisine… trop puisqu’évidemment, je continue à grossir énormément. J’ai beau essayer de contourner le problème en me mettant au sport, ça ne marche pas trop.

Bref, tout cet article sans queue ni tête pour évacuer ce mal-être, qui revient régulièrement, et qui ne disparaitra jamais complètement j’en ai bien peur.

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