Cancer Course Jonquille 2017

La course de la Jonquille: pour aider les personnes atteintes d’un cancer

La vie est injuste, on l’apprend malheureusement trop rapidement. On s’adapte en grandissant aux différentes injustices, plus ou moins importantes, qui vont nous toucher directement ou non. Et l’on est souvent plus frappé de l’injuste injustice quand on se sent concerné-e: dans ce cas, on la vit beaucoup plus intensément.

Cela fait longtemps que ma sœur et moi nous sommes éloignées l’une de l’autre, nous voyant à peine 2-3 fois par an, mais avec ma parentalité, un rapprochement presque imperceptible se faisait sentir. Mais là, pour la première fois, je souffre pour elle. Peut-être ma trop grande sensibilité en est-elle responsable ? (celle-là même qui m’empêche souvent de regarder / écouter les nouvelles pour me protéger). L’année dernière, fin 2015, on diagnostiquait un cancer à l’un de mes neveux, le fils aîné de ma sœur, alors âgé de 7 ans. Il se sera battu, il a aura brillamment supporté toutes les chimios, presque avec le sourire, une grande solidarité familiale s’était mise en place (avec des cousin-e-s, tantes, ami-e-s…) pour l’emmener à Curie pour ses cures de jour. Et un peu moins d’un an plus tard, bonne nouvelle, il semblait être en rémission. Oh, il aurait certainement gardé des séquelles, comme une jambe moins forte que l’autre, qui le fait boiter, mais il semblait alors en pleine forme. C’était alors le moment où ma sœur s’écroulait, après avoir superbement porté sa famille, et géré ses trois garçons très turbulents. En effet, un an plus tard, elle réalisait tout ce qu’elle avait traversé, avec force, et comprenait qu’elle aurait pu perdre son fils. Pour son bien-être, il était évidemment impossible qu’elle le réalise sur le coup.

Son couple avait tenu le coup, soudé par leur immense foi… qui les avait aidé à traverser tout cela. Avec la plus grande incompréhension de ma part, mais même si je m’entends guère avec elle, je l’admirais d’avoir su tenir.

Et depuis 2 mois, elle est repartie dans les difficultés.

Et depuis 2 mois, cet enfant affronte un autre cancer. Mais il commence à en avoir marre quand même.

Et depuis 2 mois, j’ai beaucoup de mal à penser à lui sans pleurer.

Et depuis 2 mois, secrètement, je me demande comment la foi peut arriver à donner autant de force à une mère.

Car maintenant, j’ai compris.

Et maintenant, je ne comprends pas comment elle tient. Rédiger cet article me fait du bien, et du mal, les larmes sont là, et en même temps, j’ai besoin de tout écrire.

cancer tumeur EwingTumeur d’Ewing, appelée aussi sarcome d’Ewing (le sarcome est une variété de cancer se développant aux dépens du tissu conjonctif), cette tumeur maligne de l’os atteint l’enfant, l’adolescent et le jeune adulte (jusqu’à 30 ans) avec un pic de fréquence entre 10 et 15 ans. Analyse pathologique de tumeurs d’Ewing greffées chez la souris.

 

 

 

 

Tout cela pour dire que participer à la course de la Jonquille 2017 signifie beaucoup de choses pour moi. C’est une manière de lui dire que je pense à elle, c’est une manière de soutenir l’institut Curie, qui fait un travail extraordinaire pour s’occuper de mon neveu.

Tous les trois, à notre manière, nous participerons à cet évènement. Moi, en marchant avec ma fille dans le porte-bébé ou la poussette. Le mari en courant 10km, grâce à une cagnotte financée par des personnes qui ne connaissent pas forcément mon neveu, et dont le geste m’a énormément touché (et pourtant, je ne suis pas concernée). A chaque don pour la cagnotte de la participation à la course, j’en étais émue, alors je n’ose imaginer ce que cela peut représenter pour ma sœur. Et nous serons facilement une bonne quarantaine pour dire à la famille de ma sœur, à mon neveu qu’on est là pour lui. Des cousins, des cousines, des grands-parents, des oncles, des amis, des parrains, des marraines, des inconnu-e-s qui répondent présent-e-s, et lui donner la force de se battre contre cette nouvelle épreuve.

Il aura fallu la naissance de ma fille pour admirer ma sœur, qui porte tout cela à bouts de bras. Et réaliser à quel point, nous sommes fortes toutes les deux, et capables de soulever des montagnes quand il le faut pour vivre. Mais cela m’aura surtout fait pleinement comprendre à quel point la vie, des enfants, la nôtre tient à pas grand chose. Et depuis que j’ai compris que les médecins ne pouvaient donner de pronostiques, je regarde ma fille différemment, avec encore plus d’amour qu’avant. Depuis que j’ai compris cette incertitude, je pleure.

Alors, dimanche 26 mars, comme plusieurs milliers de personnes, je serai sur le Champ de Mars pour penser

Le cancer, t’es foutu.

Le cancer, on aura ta peau

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