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De joyeux enterrements

J’aime les enterrements… Enfin, plus exactement, la réunion de famille qui va avec.
Ce we, nous enterrions ma grand-mère paternelle, un roc, un pilier qui a eu le courage de partir à 102ans. Je ne l’aimais guère, son départ ne m’a donc pas beaucoup ému, mais j’ai réalisé qu’elle avait passé les 16 dernières années de sa vie veuve, alors qu’elle formait un couple fusionnel avec mon grand-mère : il aura fallu qu’elle disparaisse pour que je l’admire, et que je la découvre un peu. Le discours de ma tante à la messe était parfait, car elle a su raconter sa vie avec autant d’humour que la situation le permettait (ma famille paternelle a un solide sens de l’humour et de la répartie).

Dans ma vie, j’ai eu la chance de n’avoir que peu de décès, trois personnes que je ne connaissais / aimais guère, deux que j’aimais énormément. Et les fois où j’ai pu aller à l’inhumation (toujours en province), la réunion de famille reste un très bon moment. C’est un moment où toute la famille se soude autour d’une douleur commune, les anecdotes fusent, mais surtout, l’humour est un excellent bouclier contre la douleur. C’est ainsi que nous avons passé la fin d’après-midi samedi à prendre des nouvelles les uns des autres, mais surtout, à rire. Quand on y réfléchit, ce sens de l’humour familial doit être une réaction à l’autorité paternelle subie par tous les enfants : mon grand-père n’était pas un comique, rigide au possible et d’une sévérité impressionnante.
Mon premier vrai deuil, long, douloureux remonte à 2003, à la mort d’une tante que j’aimais profondément. Comme toute la famille maternelle, nous étions descendus dans la maison familiale en Provence, pour un WE où nous nous serrions tous les coudes. Malgré la douleur, ce WE hors du temps, où toutes les querelles entre les frères et sœurs de la défunte se sont temporairement arrêtées, reste un excellent souvenir. Bien que cette famille soit plus « sage » que l’autre, nous étions à ce moment très soudés. Preuve que dans la douleur, l’homme reste soudé.
Ce billet est plus décousu que je ne l’imaginais, plus triste aussi, et pourtant, c’était un excellent week-end, où la météo s’accordait à notre humeur : triste, grise et froide samedi, et ensoleillée, chaude, superbe dimanche, comme pour nous dire « tu vois, la vie est belle ! »
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