saint patron décès

Peut-on se préparer à l’insoutenable ?

J’en parle peu, parce que cela reste difficile, mais le fils ainé de ma sœur, se bat depuis deux ans contre un cancer. Il a dix ans, il est passé par un nombre incalculables d’opérations, nous avions eu une phase d’espoir l’hiver dernier, mais depuis cet été, l’espoir devient difficile. Au point que vendredi dernier, dans l’un de ses emails hebdomadaires d’information sur l’état de son fils, ma sœur a commencé à nous préparer à une fin très certainement difficile. Elle fait bien, car le choc est tel, qu’il faudra bien plusieurs semaines, plusieurs mois pour essayer de l’accepter. Essayer seulement, car de mon côté, même si je le connais peu, cela reste très, très douloureux.Sa lettre était magnifique, presque joyeuse, et pourtant, la nouvelle était infiniment triste. Et depuis, je ne peux penser à mon neveu sans pleurer, sans avoir envie de hurler contre cette injustice. Il a dix ans mince, alors ! Et il est suivi par d’excellents spécialistes à l’Institut Curie, qui pourtant n’arrivent pas à trouver le bon dosage de chimio, qui lui éviterait trop d’effets secondaires (ils fatiguent son corps, et l’empêchent alors d’assimiler la chimio). Et cette foutue tumeur si grosse qu’elle se sent à la main.

A cause du manque d’entente entre ma sœur et moi, je connais finalement peu mes neveux, mais cet été, ils étaient tous les trois gagas de ma fille, et plus particulièrement ce neveu, qui ne cessait de vérifier si elle allait bien. Elle le lui rendait bien, il était le seul à avoir des câlins. Et depuis vendredi, je pleure en me disant qu’il ne la verra pas grandir, qu’ils ne pourront jouer ensembles.

Je suis athée, mais je reste impressionnée par la foi de ma sœur et sa famille, car cela l’aide à supporter tout cela. Et je reste perplexe, interdite: comment peut-on encore croire en un dieu qui laisserait partir un enfant ? A la fois si jeune et si vieux. Comment peut-on arriver à laisser partir son enfant ? Que l’on a vu grandir, s’épanouir, s’éveiller et s’émerveiller devant le monde ? Comment peut-on accepter l’inacceptable ? Comment laisser partir ce que l’on a de plus cher au monde ?

Je regarde depuis ma fille avec encore plus d’amour, je la serre davantage dans mes bras pour la sentir, pour la sentir vivante, pour l’avoir avec moi, en moi, car je ne peux imaginer la perdre. Quand je vois ma douleur, ma difficulté à encaisser cette nouvelle à propos de mon neveu, je ne peux imaginer ce que je traverserais si j’étais dans la situation de ma sœur.

Comme elle le dit si joliment « nous avons choisi la vie »… Mais non, bon sang, un décès d’enfant, ça reste toujours la pire des injustices.

Mon neveu vient d’avoir 9 ans. Aura-t-il 10 ans un jour ?

 

 

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