DIY: faire ses savons, les secrets de la saponification à froid

Dans ma volonté d’aller vers un maximum de produits sains, simples, et idéalement, faits maison, j’ai découvert il y a un peu plus d’un an maintenant la saponification à froid, ou comment fabriquer ses savons à la maison. Je m’étais renseignée via divers blogs sur la manière de procéder, mais l’utilisation de la soude, et la dangerosité de sa vapeur me refroidissait. J’ai donc découvert en pratique la saponification (ou SAF pour les intimes) à l’aide d’un très agréable cours chez AromaZone. Pour éviter les problèmes liés à la vapeur de la soude, et surtout pour gagner du temps, on utilise alors durant ce cours de la lessive de soude, très fortement recommandée pour les débutants. J’ai donc été littéralement décomplexée du savon, tant tout était d’une simplicité enfantine !

En effet, un savon en saponification est tout simplement un mélange de différents corps gras avec de la soude, que l’on laisse ensuite durcir un jour ou deux avant de le démouler. Une fois que l’on a démoulé… son savon (!!!), on doit le laisser curer pendant un mois minimum, pour que la réaction chimique entre la soude et les corps gras se fasse, et qu’il ne reste alors plus qu’un très faible pourcentage de soude pour nettoyer (généralement, moins de 5% de mémoire). Et c’est tout ! J’ai donc commencé mes premiers savons en utilisant de la lessive de soude, qui a l’avantage de ne pas chauffer, et qui permet de gagner du temps et de la sécurité. Puis, très rapidement, je suis passée à la soude en perles.

Les ingrédients utilisables en saponification

Les corps gras

On utilise pratiquement tout ce que l’on veut (sauf le beurre) : tous les beurres végétaux sont possibles (karité, avocat, amande, cacao…), toutes les huiles (palme, olive, argan, tournesol, avocat, sésame…), ou des matières animales (saindoux, graisse de canard…). Le choix des corps gras est toutefois conditionné par le savon final : certaines huiles (terme générique qui recouvre également les beurres) vont rancir au niveau des couleurs (rendre le savon marronnasse), d’autres restent très liquides et demandent une certaine maitrise dans la composition finale du savon. Pour que le savon soit utilisable dans la douche, il faut toutefois respecter certaines règles dans l’équilibre des huiles, pour qu’il ne soit pas trop décapant, ou trop mou, ou au contraire qu’il fasse un minimum de bulles, ou de crème.

Pour cela, il ne faut pas hésiter à bien se renseigner sur le net, et surtout à utiliser ce que l’on appelle des calculateurs, comme celui d’hexabulles (très très pratique d’utilisation), ou de mendrulandia, dans lesquels on rentre le pourcentage souhaité de ses huiles, pour savoir si son savon sera suffisamment doux, crémeux, ou mousseux.

Pour commencer, on peut faire un savon très simple avec des huiles de sa cuisine : olive, végétaline (elle est présente dans la plupart des savons), et pourquoi pas un peu d’huile de tournesol ou de sésame ? Et ça suffit ! 😉

Ensuite, une fois que l’on est tombé dedans, on aura alors un stock d’huiles important, grâce aux commandes passées soit sur AZ, soit chez Manske, un site allemand (malheureusement pas traduit en anglais), mais qui propose des prix 30% moins chers que chez AZ. Après, les frais de port étant de 9€, il vaut mieux faire une grosse commande. Mais on peut être aidé par leurs deux catalogues pdf, bien cachés sur leur site ! Je ne parle pas un mot d’allemand, mais grâce aux traducteurs en ligne, et aux photos, je n’ai jamais eu de soucis de commande 😉

La soude

Pour commencer, pour comprendre comment se fait le mélange, pour maitriser la trace, il est très très fortement recommandé d’utiliser de la lessive de soude, que l’on trouve dans les grandes surfaces de bricolage. Pourquoi ? Tout simplement parce que le mélange eau / soude est alors déjà fait, et évite alors la réaction thermique de la soude, et de la vapeur qui s’en dégage. Les calculateurs cités plus haut prennent en compte la lessive de soude.

Après, quand on veut passer à l’étape du dessus, et varier sa composition, on passe alors à la soude en perles, car celle-ci permet alors d’utiliser autre chose que de l’eau, comme des eaux florales, ou des hydrolats, voire aussi des laits pour encore plus de douceur. Utiliser de la soude en perles nous donne donc la possibilité de varier la composition de ses savons quasi à l’infini.

Les ajouts

Un savon peut être donc composé uniquement d’huiles et de soude, mais pourquoi se priver des bénéfices des huiles essentielles ? Ou des propriétés de l’argile ? Ou tout simplement pour parfumer, colorer et décorer son savon.

Les ajouts comprennent donc les HE, les fragrances, l’argile, parfois les laits, puis les colorants (type mica).

Fabriquer son savon, ou les débuts de la saponification

Une fois que l’on a la composition de son savon grâce aux calculateurs, on rentre dans les choses sérieuses.

On commence d’abord par bien préparer sa surface de travail, en la protégeant au maximum des projections (le papier journal est ton meilleur ami), on sort ses ingrédients et autres ustensiles, et c’est parti !

On commence par peser sa soude (en lessive ou en perles), et on la laisse refroidir à température ambiante. En cas d’utilisation de soude pure, le processus requiert beaucoup de minutie : on pèse d’abord son eau / hydrolat (idéalement placé au congélateur avant), ensuite sa soude. On procède ensuite ainsi : on verse TOUJOURS sa soude DANS L’EAU, et jamais l’inverse ! Puis, on mélange très tout de suite quelques secondes pour éviter que la soude se solidifie (j’utilise une baguette en bois de mes restos japonais, ça marche très bien). Enfin, on laisse la soude refroidir dans un bain-marie d’eau glacée, et TRES LOIN DE SOI (idéalement, devant une fenêtre ouverte).

Ensuite, pendant que la soude refroidi, on pèse ses huiles, et on les fait fondre tout doucement au bain-marie. Lorsqu’elles ont fondu, on les fait refroidir tranquillement à température ambiante. La soude et les huiles doivent obligatoirement être à température ambiante pour être mélangées.

Si on prévoit des ajouts, on les prépare pendant ce temps : on pèse ses HE, son argile… que l’on stocke à part.

Le mélange, ou la fameuse trace

On arrive alors au moment le plus délicat : le mélange des huiles et de la soude. Délicat non pas techniquement, mais visuellement. Il faut ajouter la soudesaponification à froid DANS les huiles (obligatoirement dans ce sens), et ensuite utiliser un mixer plongeant pendant quelques secondes à quelques minutes, le temps de commencer à obtenir une texture proche d’une crème pâtissière à peine prise, encore très liquide. Il faut que le mixer laisse une toute petite trace dans le mélange. Cette étape, selon les huiles retenues sera plus ou moins rapide, et le moment fatidique où il faut arrêter de mélanger s’apprend avec la pratique. Et visionner des tutos sur YouTube aide aussi beaucoup.

Une fois la trace arrivée, on met ses ajouts, et on donne alors à peine un ou deux coups de fouet pour qu’ils se mélangent bien.

Et on a pratiquement fini ! Il ne reste plus qu’à verser tout cela dans son ou ses moules, on les recouvre ensuite de cellophane, on stocke dans un endroit frais et sec (surtout sec), pendant un jour ou deux. On démoule quand le savon est bien bien dur, et on laisse alors curer pendant un mois minimum. Curer signifie : laisser son savon se faire, par l’élimination de la soude.

Au bout d’un mois, on peut vérifier la causticité du savon avec sa langue si on a vraiment un doute (si ça ne pique pas, tout va bien), mais je n’ai jamais eu de problème. Et ensuite, on découvre le bonheur d’utiliser un savon maison, doux, et surtout très très bon pour sa peau !

Pour travailler les marbrages, c’est-à-dire la déco du savon, je me suis beaucoup aidée du forum Rêvons savon, qui a tout une page des différentes décorations possibles, et dont les membres répondent très gentiment à toutes nos questions de débutants. Réussir un beau savon est assez difficile, et ceux faits pour Noël 2016 sont parmi mes plus réussis…

Pour connaitre les effets de telle ou telle huile dans un savon, savoir lesquelles utiliser, il suffit de chercher sur internet, on trouve beaucoup de sites qui précisent le rôle de chaque huile pour faire son choix.

Voilà, vous savez tout ! Alors, tenté-e-s par la saponification à froid ?

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2 Comments

  • Shaya 17 décembre 2015 at 20 h 15 min

    Oui je suis super tentée et merci pour tes supers explications ! Mais je ne me suis pas lancée encore.

    Reply
    • Elizabeth 18 décembre 2015 at 12 h 12 min

      Je te fais confiance, puisque tu as pu les tester 😉 Bon, le plus dur, c’est la cure : faire ses savons, et attendre un mois avant de les utiliser 😉

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