DME, restes

La DME, kesako ?

Claude est maintenant à temps plein chez la nourrice depuis février, et nous commençons à trouver un rythme tous les trois. Bon, ce n’est pas encore parfait, j’ai parfois du mal à aller à la piscine le mardi, mais on devrait y arriver. Les nuits sont encore un peu difficiles, mais comme il n’y a qu’en occident qu’on se préoccupe beaucoup (trop ?) de savoir si le bébé fait ses nuits dès la sortie de la maternité, on laisse Claude prendre son rythme. Elle sait qu’on est là, c’est le plus important.

En contre-partie, on fatigue parfois le weekend. Le samedi matin, nous avons encore (parfois) notre ancien rythme : je fais les courses, pendant que le père fait le ménage, avec sa fille sur le dos (dans le Manduca). Elle est encore limite limite pour tenir dans le Manduca, mais bon…

On essaie aussi de trouver des activités pour Claude, et on commence à avoir du choix :

  • salle d’activités / de motricité
  • contes / comptines à la bibliothèque
  • piscine au printemps

Mais comme pour tous les parents, le samedi passe alors beaucoup trop vite !

Heureusement que les repas sont là pour nous ralentir.

La DME ?

C’est quoi cette idée farfelue ?

La DME, ou Diversification Menée par l’Enfant, ou encore l’alimentation autonome, est une méthode d’apprentissage de la nourriture qui laisse l’enfant se nourrir seul, totalement seul, simplement sous l’œil attentif de ses parents. Ainsi, nous avons commencé par donner de gros morceaux de fruits ou légumes à Claude, qui les portait alors toute seule dans sa bouche, et apprend à les mastiquer (même sans dents), et à déglutir quand nécessaire. On ne lui propose pas de purées et autres textures lisses, mais du concombre, des oranges, des bananes, des choux, de la viande… qu’elle croque / tète / suce toute seule. Il lui aura fallu à peine plus d’un mois pour comprendre la mastication, et nous avons commencé les textures lisses il y a quelques jours. Nous posons les cuillères pré-remplies sur sa tablette, et elle les porte à sa bouche (en passant d’abord par les yeux, le nez, les cheveux… nous ne sommes pas dupes !). NORMALEMENT, si tout se passe bien, elle devrait éviter de garder la nourriture dans sa bouche, nous regarder consciencieusement, et… tout souffler partout! (toute référence à un épisode vécu par un membre de la famille serait une coïncidence purement fortuite!). Il lui aura fallu à peine quelques dîners pour comprendre par quel bout prendre la cuillère pour avoir de la compote ou du yaourt.

Pourquoi cette méthode ?

J’avais découvert cette méthode par des amies virtuelles, et je l’avais gardé dans un coin de ma tête, puis j’ai commencé à me renseigner, en épluchant pratiquement toutes les pages d’un excellent blog (bébé mange seul), qui explique de manière très détaillée comment gérer cette manière de voir l’alimentation. Puis, j’ai rejoint un groupe Facebook sur cette thématique, et je n’ai pas hésité : banco !

Je ne vois pratiquement que des avantages :

  • Claude gagne en habileté tous les jours (en moins d’une semaine, elle avait compris comment placer l’orange pour la sucer complétement)
  • elle découvre des textures variées au cours d’un même repas
  • elle continue à s’écouter, pour mieux découvrir la satiété, pour manger à sa faim, et non autant que nous le souhaiterions
  • elle mange obligatoirement en même temps que nous, pour nous observer, et nous imiter
  • elle nous réapprend à prendre le temps de manger
  • on peut manger chaud
  • et très vite, elle mangera comme nous. Pour l’instant, c’est plutôt nous qui mangeons comme elle, mais ça nous permet de découvrir de nouvelles recettes (galettes, boulettes, pain à la banane…). Elle a ainsi mangé son premier gâteau de moisanniversaire début mars, avec le pain à la banane (recette sans sucre, très bonne base pour le petit déjeuner).

Après, ce mode d’introduction des aliments demande à respecter quelques principes simples :

  • que bébé ait 6 mois minimum (respectant ainsi les recommandations de l’OMS, qui pousse à attendre la maturité de l’appareil digestif de l’enfant)
  • qu’il/elle sache se tenir assis sur une chaise (ne pas tomber en avant)
  • manifester de l’intérêt pour la nourriture
  • il/elle doit savoir porter de la nourriture à sa bouche tout seul
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Plus d’infos en cliquant sur l’image

Pour ses débuts, on lui donne des morceaux qui dépassent de sa main, mais très rapidement, elle mangera des pâtes, et progressivement, elle arrivera à mieux saisir de petits objets pour attraper dans deux mois des myrtilles, par exemple. Au printemps, nous pourrons donc lui donner des fraises, du boudin aux pommes, des pâtes à la bolognaise ou aux petits pois… Et normalement, à un an, elle gérera ses couverts toute seule, et on pourra (ou pas), introduire les fromages qui puent (l’introduction des fromages au lait cru avant 5 ans fait débat, en France ou ailleurs).

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Ce n’est pas Claude 😉

C’est donc un vrai bonheur de la voir manger avec nous, de ne pas (trop) avoir à s’occuper d’elle, et il lui aura fallu à peine 3 jours pour comprendre l’association chaise haute / bavoir / table, et s’impatienter parce qu’il n’y a rien devant elle. Ses yeux grands ouverts lorsqu’on lui apporte la nourriture sont également un bonheur dont on ne se lasse pas. En revanche, c’est une méthode qui produit beaucoup de déchets au début, le temps que le bébé arrive à manger à peu près correctement. Curieusement, j’ai une explosion de bébés crevettes dans mon aquarium depuis le début de la DME! (vu toutes les crudités que je leur laisse, ce n’est guère étonnant).

Il y a quelques jours, nous déjeunions chez mes grands-parents (92 et 91 ans), qui n’ont jamais connu que les purées, pour leurs enfants ou petits-enfants, et qui découvraient donc cette méthode avec beaucoup de fascination. Ils n’avaient de cesse de reconnaitre que c’était finalement une excellente méthode, très logique. Ils étaient aussi épatés par l’habileté de Claude, qui mangeait consciencieusement son blanc de poulet.

Alors oui, c’est une manière différente de nourrir son enfant, cela implique une certaine rigueur, mais c’est finalement tellement naturel que la nourrice était ravie de découvrir cette nouvelle expérience, après avoir lu un petit pdf que je lui avais imprimé. Elle a donc acheté exprès une mini chaise haute pour Claude (ce serait apparemment interdit à la PMI de sa ville) (oui, j’étais très étonnée), et attendait avec impatience de commencer. Depuis, elle en parle partout autours d’elle, car elle adore ça. Et comme nous, elle trouve cela tellement sain.

Il y a tout de même quelques inconvénients, comme le côté salissant, ou une longue durée pour les repas, mais honnêtement… OSEF !

L’autre côté amusant de cette méthode reste la découverte du Québecois. C’est une méthode recommandée de l’autre côté de l’Atlantique, et je lis beaucoup de textes / recettes dans cette langue, et j’aime découvrir leur manière de parler français.

Il ne reste plus qu’à trouver un autre gâteau peu sucré pour le mois de mai, pour fêter ses 8 mois.

Pour les parents qui me lisent, vous aviez tenté la DME pour vos enfants ? Vous aviez aimé ?

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