J’ai 33 ans, et en cas de peur, je reste tétanisée

Pour rentrer chez moi en transports en commun, je n’ai pas le choix, je dois terminer le trajet par près de 20/25min de bus, bondé au début, et qui se vide au fur et à mesure que l’on s’approche du terminus.

Pour occuper ces longues minutes, je ne quitte que rarement mon téléphone que ce soit pour regarder une série, lire un livre, ou surfer sur le net ou les réseaux sociaux. C’est ainsi qu’hier soir, je n’ai réalisé qu’il se passait quelque chose d’inhabituel à côté de moi qu’à la fin du trajet, lorsqu’il ne me restait plus que 5min à faire. J’étais tout au fond du bus, tranquillement, et de l’autre côté de la banquette, un jeune homme se faisait tranquillement sucer par une sa copine (?). Il faut le reconnaître, de manière un peu discrète, mais pas trop puisque la tête de la femme bougeait de manière clairement reconnaissable. Et là, les 5 dernières minutes du bus ont été beaucoup, beaucoup trop longues. J’ai commencé par faire celle qui ne voit rien, trop choquée par cette scène. Puis, 2min plus tard, mes pensées ont commencé à partir dans tous les sens : que dois-je faire ? Aurais-je le courage de l’engueuler ? Celui de prévenir le chauffeur de bus ? Comment éviter que toute la honte retombe sur la fille ? Est-elle au moins consentante ?

Toutes ces pensées ont été trop fortes, trop brutales, et la peur de me faire emmerder en rentrant chez moi a été la plus forte. Je suis restée paralysée, incapable d’aller voir le chauffeur du bus, incapable de lever la voix, incapable de me manifester. Je suis sortie du bus choquée, sans que ces images et tout ce que je me suis imaginée ensuite ne me quittent. Et plus que tout, la culpabilité de n’avoir rien fait. Et pourtant, comment puis-je être sure que ces deux ados n’étaient pas un peu exhib ? Je pense que s’il y avait eu des enfants dans le bus, oui, j’aurais davantage pris mon courage à deux mains…

J’ai ainsi passé la soirée en léger état de choc, car il faut bien le reconnaitre, je ne savais absolument pas ce qu’il se passait dans ce couple, si cette envie était mutuelle ou non, et le choc était donc davantage dû à toute mon imagination, parfois, souvent, beaucoup trop fertile. Évidemment, je me suis repassée en boucle cette scène cette nuit, et les cauchemars étaient un gradation de mon imagination. Dans le dernier, il y avait carrément une dizaine de jeunes qui discutaient, histoire de savoir si la fille se débrouillait bien. Et moi, qui restait à ma place, en étant toujours incapable de bouger.

J’ai beau lire de plus en plus d’articles sur la manière de réagir en cas d’agression, de me dire que je dois me défendre, dans les faits, je reste tétanisée, de peur que cela se retourne contre moi et que cela se retourne contre la femme occupée. Je redoutais ce matin de prendre le bus, finalement, cela s’est à peu près bien passée, et écouter un podcast d’une de mes émissions préférées m’a aidé à tourner un peu la page. Mais cette culpabilité reste toujours là. Et a fait ressortir tout ce que j’ai vécu adolescente, toutes les fois où je me suis faite emmerder, voire agressée et où je n’ai rien dit, parce que mon cerveau était ailleurs. Quand saurais-je être plus forte dans ces cas-là ?

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