aménorrhées

Les débuts de la grossesse

Article rédigé au fil de l’eau, durant les fameux trois premiers mois de grossesse…

Le 4 janvier 2010, c’était notre premier baiser, et depuis, nous pensons toujours à nous souhaiter un bon anniversaire. Or, celui-ci tombe à un moment dans l’année où l’on n’a plus envie de manger, et nous le fêtons donc vraiment quelques mois plus tard, à une période plus calme d’un point de vue gastronomique.

Cette année, le 4 janvier aura eu une résonance particulière. Alertée depuis quelques jours en Bretagne par une sensibilité plus forte au niveau de la poitrine, j’attendais notre retour chez nous pour faire un test de grossesse. Dès le lendemain matin de notre retour, le 4 janvier (donc), je suis allée aux toilettes, avec le précieux indicateur. Et je n’ai pas eu à attendre les 3min réglementaires : la petite croix est apparu très, très rapidement. Je ne sais pas encore de combien de jours, mais je suis enceinte ! J’attends ensuite le réveil de l’homme, pour lui souhaiter « Joyeux anniversaire Papa 😉 » Et il comprend immédiatement. Et il est aussi heureux que moi. A ce moment-là, je pense être enceinte de quelques jours à peine, j’essaie de calmer mon euphorie toute la journée, mais impossible. Après 6 mois d’essais, de légères inquiétudes sur la réussite par rapport à mes longs cycles de 45/60 jours, je me sens très rassurée. Même s’il y a une fausse couche, cela veut dire qu’on peut au moins arriver à fusionner. Que les spermatozoïdes de Monsieur fonctionnent, et que j’ovule encore (contrairement à ce que pouvait laisser accroire cette chère gynéco si paternaliste vue en décembre). Cela semble signifier que contrairement à ce qu’elle disait, mon avortement, et mon stérilet ne semblent pas poser tant de problèmes que ça.

Dans l’euphorie, je n’arrive pas à tout garder pour moi, et j’en parle alors immédiatement à une très bonne amie, notre officiante, elle-même enceinte de 5 mois. Euphorique elle aussi.

Dès le 5 janvier, je file faire la prise de sang, et démarre la longue attente des 36h pour avoir le résultat, la confirmation définitive.

Mercredi 6 janvier

fausse couche

Ne JAMAIS taper fausse couche dans Google images…

La prise de sang est positive, j’en suis à 5 SA (semaines d’aménorrhées) ou 3 semaines de grossesse. Je ne réalise toujours pas, d’autant que je fais tout ce que je peux pour ne pas me projeter de trop, mais c’est pratiquement impossible. Garder la tête froide, éviter l’emballement, pour éviter d’être trop déçue en cas d’éventuelle fausse couche. Je ne suis pas encore à me caresser le ventre, je sais que c’est encore qu’un embryon, ce n’est pas à ce que je porte dans mon ventre que je fais attention, mais à ce que je projette, à l’après. J’arrive à rester très distante par rapport à ces cellules, c’est juste l’après auquel je ne cesse de penser.

Et je me rappelle aussi bien plus fortement que je ne le pensais / voudrais à l’attitude de ma mère, il y 9 et 7 ans, lorsqu’elle m’a violemment rejeté. Et je ne pensais pas être aussi rancunière, mais je n’ai subitement plus aucune envie de la revoir. Plus aucune envie de l’avoir dans ma vie. Comme si ma grossesse était le moment de ma revanche, où j’arriverai à lui faire subir une partie de la même souffrance qu’elle m’a fait. Je sais à quel point elle serait heureuse de me savoir enceinte, mais maintenant, je n’ai qu’une envie : lui faire comprendre. Jusqu’à ce qu’elle arrive à me faire des excuses. Avec cette détermination de ma part, je réalise que son absence d’excuse est ce qui m’a totalement empêché de passer à autre chose. Et que je rêverai d’avoir à nouveau une mère, et non une personne que je considère comme une tante…

Dimanche 10 janvier

Aujourd’hui, nous fêtions le dernier Noël, avec mon père, ma sœur et mes deux frangins, chez nous. Cela pourrait signifier que j’étais maitresse du déjeuner, or, il n’en était rien car ce repas a généralement lieu chez mon père, mais c’était impossible cette année. Pour ne pas mettre la puce à l’oreille de qui que ce soit, je ne modifie donc rien aux habitudes des uns et des autres, et ai donc très peu de maitrise du déjeuner. Celui-ci comprenait de nombreuses choses que je pensais ne pouvoir consommer, et dont voici le détail:

  • apéro : je maîtrisais cette partie-là, aucune inquiétude (d’autant que n’aimant pas les boissons pétillantes, je n’ai jamais pris de Champagne de ma vie, aucune surprise)
  • foie gras : je pensais qu’il serait artisanal
  • coq au vin
  • fromages de chez Violaine
  • dessert : Christmas pudding + crème anglaise maison avec du lait cru

Nous avions donc fait un pari avec M. Presque Parfait en imaginant par qui et quand le pot aux roses serait découvert : il avait parié sur mon père au fromage; moi sur le foie gras par ma sœur, ou au dessert par ma sœur aussi. Fort heureusement, le foie gras était industriel, j’ai pu en consommer une demi-tranche ; il y avait du gorgonzola dans les fromages, je pouvais donc aussi en prendre, et j’ai réussi à faire croire que je prenais du dessert grâce à des muffins au chocolat qui ressemblaient à s’y méprendre au pudding. J’ai trempé deux ou trois fois mes lèvres dans le vin rouge, pour tromper mon monde. Et personne n’a réalisé quoi que ce soit (et si quelqu’un avait réalisé, cela se serait su)… On a même demandé à ma sœur si elle n’était pas (encore) enceinte…

Nous sommes encore tranquilles de ce côté-là, pour l’instant, seule une très bonne amie est au courant, une ancienne collègue, et deux collègues.

Comme je m’ennuyais aussi un peu après le repas, je me suis amusée à calculer mon estimation de grossesse. J’en serais donc à 7 ou 8 semaines d’aménorrhée, et 3 semaines de grossesse. Cet écart montre bien tout le côté ridicule du système français à persister à compter en SA, alors qu’il existe de nombreuses applications pour suivre son cycle précisément (la meilleure étant Clue, de très très loin). En même temps, ça se saurait si la médecine française savait vraiment évoluer…

Jeudi 14 janvier: l’attente

attentePassée l’euphorie de la découverte, les premières semaines sont finalement assez longues. On meurt d’envie d’en parler autours de nous, mais ce fameux risque de fausses couches nous en empêche, et on attend que le temps passe. Le corps ne change pas, mais réagit déjà aux hormones qui elles font la fête. Je suis enceinte depuis 3 semaines, et mes défenses immunitaires sont déjà plus faibles : j’ai un combo sinusite + otite en alternance depuis début janvier, et je suis bien plus fatiguée qu’en temps normal. Comme je ne peux prendre que du paracétamol, ou de l’eau de mer dans le nez, la crève passe tout doucement. Trop lentement. Heureusement que c’est le calme plat au bureau, cela me permet d’être inactive sans que cela ne se remarque de trop. Dans mon malheur, tout n’est pas négatif : la maladie a pris le dessus sur les nausées, et je peux manger de nouveau normalement… En revanche, j’ai découvert que j’étais devenue intolérante à l’un de mes parfums : l’eau de toilette « J’adore« .

Mercredi 27 janvier : quelle maternité ?

Maintenant que la grossesse est mieux datée grâce à une écho (quasi 8SA) (faudrait que je vous fasse un article sur cette manière de compter), je commence à chercher un-e gynéco pour faire mon suivi. Dans l’idéal, j’aimerais que ce soit dans la maternité où j’accoucherai, et se pose alors un gros problème. L’hôpital privé d’Antony a une excellente réputation, mais ressemble un peu à une usine, et reste très cher. La petite maternité de Bourg-la-Reine semblait intéressante, car à taille humaine, avec la possibilité d’un suivi global par une sage-femme, sans être trop chère, et avec d’excellents repas! 😉 Sauf qu’elle est en sursis, le tribunal de Nanterre doit statuer aujourd’hui sur son sort.

En dehors de ça, la grossesse se passe très bien, l’embryon pousse tranquillement, mes nausées ont pratiquement toutes disparues (ouf!), et je suis de moins en moins fatiguée et malade (re-ouf).

Une grossesse désirée

Depuis quelques jours, le souvenir de mon IVG revient beaucoup plus fortement que je ne l’imaginais. Jusqu’à présent, pour me protéger, j’avais évité de me renseigner sur ce que j’avais fait, biologiquement parlant. Et là, à force de lire, de mieux découvrir ce qui se passe dans mon corps, je commence à découvrir ce que j’ai fait. Attention, je reste toujours et profondément pro-choix, je sais toujours aussi bien que je n’avais pas d’autre choix, et que c’était la meilleure chose à faire. Mais cette épreuve revient, et je me demande ce que cet embryon aurait pu devenir. Oh, il aurait été très malheureux, moi aussi, mais c’est un sentiment incontrôlable. D’ailleurs, entendre les battements du cœur était aussi difficile que je le pensais, et je redoute terriblement la première vraie écho, celle de la fin du premier trimestre. Celle où on le verra formé, mais celle qui me rappellera que mon précédent embryon était un peu plus âgé. D’une semaine, certes. Ce paragraphe est un peu décousu, j’en suis désolée, mais je ne pensais pas revivre toute cette épreuve pour un évènement aussi joyeux.

1er février : des nausées permanentes

nauséesDepuis le début de la grossesse, j’ai des nausées pratiquement tous les jours, plus ou moins fortes, avec parfois une journée ou deux tranquille. Mais depuis une semaine, elles sont beaucoup plus violentes, et m’empêchent de manger à ma faim. Je répartis mes repas sur des longues périodes, mais je pense que globalement, mes apports nutritionnels sont bien inférieurs à mes besoins. Je ne suis pas inquiète, je sais que l’embryon puise dans mes réserves, mais ça épuise. Cette constante envie de vomir est particulièrement désagréable. Je suis une larve en permanence, incapable de tenir longtemps debout, et heureusement que je peux compter sur M. Presque Parfait pour me relayer sur ma part des tâches ménagères, car même cuisiner est parfois une épreuve (essayez de cuisiner en ayant envie de vomir!) (glamour, quand tu nous tiens).

24 février : la première (véritable) écho

C’est avec un peu d’excitation et de crainte que je me rends à l’échographie, afin de vérifier si tout va bien, et mieux visualiser ce qu’il m’arrive. Le rendez-vous est tellement expéditif puisque tout va bien, que l’on n’a guère le temps de réaliser vraiment. On a tout de même remarqué que c’était bien le fœtus de son père, tant il semble agité et sportif ! Les techniques ont tellement progressé que l’on a pu voir précisément ses deux hémisphères cérébraux. Et vendredi, rendez-vous avec un gynéco pour faire le point sur ce premier trimestre, et lui poser quelques questions pratiques.

Bilan de fin de premier trimestre

Finalement, faire davantage de natation, en allant moins vite durant les cours aura été ultra bénéfique pour mes nausées : cela fait maintenant 10 jours que je n’en ai plus du tout, et que je peux refaire des repas normaux ! Petit bilan des UP and DOWN du premier trimestre ?

Point négatifs :
  • les nausées des deux premiers mois
  • la fatigue permanente (et pourtant, je dors normalement)
  • la vessie bien moins endurante qu’avant (et encore, je n’ai pas grand chose qui la comprime!)
  • la frustration de ne pouvoir le dire à tout le monde, et de devoir pratiquement constamment trouver des excuses
  • devoir arrêter tous les fromages au lait crus (alors que j’adore ça)
  • arrêter le vin (je ne suis pas sure de tenir toute ma grossesse sans boire quelques gouttes de temps en temps pour goûter le vin)
Points positifs
  • la sensibilité de ma poitrine. En tant normal, j’ai une poitrine insensible (il faut vraiment me mordre pour que je sente quelque chose), et là, je pense avoir une sensibilité normale. Quel bonheur quand on est occupés au lit, quelles sensations agréables et inhabituelles ! Du coup, j’ai la chance d’avoir une libido (pour l’instant) aussi développée qu’avant…
  • étant immunisée contre la toxo, je n’ai pas besoin de modifier de trop mon alimentation.

Date du terme ? Le 14 septembre… en espérant qu’il ou elle n’arrive pas le 12, car je tiens à garder notre anniversaire de mariage pour nous 😉

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2 Comments

  • Mado 24 mars 2016 at 9 h 08 min

    FELICITATIONS !!! ca faisait un petit moment que je n’étais pas repassée par ici : quel bonheur d’apprendre cette bonne nouvelle pour vous deux !!!

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    • Elizabeth 24 mars 2016 at 14 h 04 min

      Merci beaucoup !

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