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Les relations avec ma soeur… tout un poème

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des relations avec ses frangins aussi idylliques que Mado, ou certains de mes cousins. Ma sœur et moi avons toutes les deux des tempéraments très forts, opposés (elle ressemble à ma mère, moi à mon père), cela fait finalement plus de 10ans que nous ne nous parlons plus. Ce n’est pas (encore) de la haine, simplement une relation très distante. Après ma rupture, j’ai cru que nous arriverions à nous rapprocher, mais apparemment non. Passer une semaine avec elle a fait ressurgir les vieux démons, et les disputes ont failli reprendre. Finalement, nous nous sommes quittées en mauvais termes, plus ou moins conscientes l’une et l’autre que pour le bien-être de la fratrie, il vaudrait mieux éviter de passer plus de 48h ensemble. Enfin, c’est ma conclusion, mais je pense qu’elle est arrivée à peu près au même point que moi.

Prendre de la distance avec sa sœur, plus facile à dire qu’à faire

Après une longue discussion avec ma mère, qui a connu le même souci avec ses frères et sœurs, j’en ai conclu que j’avais trouvé la solution pour éviter les problèmes, mais qu’elle n’était franchement pas facile à appliquer : prendre du recul. Arriver à ne plus se sentir attaquée dès que quelque chose ne nous plait pas, c’est la seule solution, et pourtant, c’est la plus difficile à mettre en place. Car je suis impulsive, et il faudrait que j’arrive non seulement à contrôler mes pulsions, mais également à ne pas me sentir « attaquée » lorsque quelque chose me déplait.

Pour y arriver, en plus d’un certain détachement nécessaire, il faut également que je continue à travailler sur ma place dans la fratrie, sur ma jalousie latente envers mes frangins, ne plus ressasser mon infériorité ou mon effacement. Le travail se fait tout doucement, car depuis quelques temps, je n’ai plus tellement le sentiment de leur être inférieure, d’avoir moins réussi ma vie qu’eux, tout simplement parce que mon analyse porte ses fruits, mais également parce que les épreuves m’ont endurcie, tout en me permettant de savoir où je vais. Ma relation avec le Fonctionnaire aide également à me sentir plus « forte » parce que je sais que c’est un type bien, mais également parce que ça me fait rentrer dans certaines cases. Alors oui, normalement, mon côté rebelle n’aimerait pas cela, mais c’est toujours rassurant au fond de soi-même de savoir ce que l’on est. Ma relation avec lui me fait rentrer dans la case « couple adulte et responsable ». Pas encore dans la case « mariée, quatre enfants », parce que je ne sais pas si je veux des enfants. Et tout simplement parce qu’il m’apaise également ! Je ne me sens plus inférieure parce que mes responsabilités professionnelles sont plus importantes, parce que je ne vais pas tarder à pouvoir préparer mon futur concours, et que tout ce que je fais maintenant est frustrant, mais très utile pour plus tard. Car se battre contre l’administration, cela permet de comprendre comment obtenir ce que l’on veut, et prouve ma détermination. Mais l’organisation des colloques m’a aussi fait prendre conscience que je ne souhaite pas organiser des expos (comme je l’ai cru un temps), mais rebasculer du côté « scientifique » des musées. Travailler avec un conservateur, même si je sais pertinemment que ce sera difficile (humainement parlant), la stimulation intellectuelle vaudra largement le compromis d’une ambiance moins sympathique que celle que j’ai maintenant !

Cependant, je m’efface toujours devant ma sœur, je ne sais pas l’affronter frontalement, car j’ai moins d’esprit d’à propos qu’elle. Cela me gêne encore en partie, car je tiens peut-être un peu trop à ma place d’aînée, certainement parce qu’en réalité, l’aînée, ce serait plutôt ma petite sœur. Parce que je n’arrive pas à trouver ma place en tant qu’aînée, j’y accorde trop d’importance. Pourtant, passer derrière elle, ça n’a pas que des inconvénients : elle se tape tout le sale boulot du débroussaillage pour le premier petit-enfant ! Alors, certes, elle trouvera bien le moyen de me le reprocher, mais c’est elle qui prend les initiatives, ce n’est pas moi !

Tout ces problèmes ressurgissent à cause de l’anniversaire de mon neveu, qu’elle souhaite absolument faire au déjeuner ce WE, alors qu’avec les travaux, cela ne m’arrangeait pas du tout. Broutille ? Certainement… Mais les relations fraternelles étant ce qu’elles sont, un détail peut faire ressurgir beaucoup de problèmes plus latents. Et finalement, je n’y vais pas, et tant mieux.

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