mère

Maternité

Le dernier article de Zou, sur ses désirs maternels, m’a bien fait réfléchir, et plutôt que de lui pondre un commentaire de trois kilomètres de long, j’ai eu envie d’y répondre ici… Comme elle, je sais depuis toujours que je serai mère un jour, étant ado, je pensais même que je serai mère au foyer plus tard (ah, la naïveté de l’adolescence), tant être mère me semblait une évidence. Depuis que j’ai commencé ma thérapie, j’ai compris que ce désir, lorsque j’étais adolescente, était principalement motivé par une crainte de ne pas être capable de faire autre chose : que je ne serais pas assez intelligente pour faire un « vrai métier ».

Ensuite, vers 25/26ans, avec mon ex-mari, mon désir de maternité a été beaucoup plus fort, je ne concevais pas de rester avec lui sans enfant. Après réflexion, ce n’était pas un vrai désir, mais plutôt une sorte d’obligation : pour être un couple adulte, il fallait avoir des enfants. Évidemment, à aucun de ces deux moments de ma vie, j’ai compris que je ne désirais pas des enfants parce que je le voulais, mais plutôt par un conditionnement de la société, ou de la famille.

Paradoxalement, il aura fallu que j’avorte pour comprendre que je ne voulais pas d’enfant. Et pourtant, au moment où j’ai dû faire ce choix, cet enfant, je le désirais plus que tout au monde. C’est lors de mes séances avec mon psy (ou après, lorsque le travail psychologique se fait inconsciemment) que j’ai compris toutes mes erreurs. J’ai compris qu’en réalité, je n’étais pas prête, et je me suis même demandé durant plusieurs mois si je voulais réellement un enfant. Il aura fallu que je perde ce que je pensais vouloir le plus au monde, pour comprendre que ce n’était pas le cas.

Ce qui m’a fortement fait changer d’avis, ou du moins, fait comprendre pas mal de choses, c’était de réaliser tous les sacrifices qu’un enfant engendre pour ses parents : tant que je vois un enfant comme un sacrifice sur ma vie, alors cela veut dire que je ne suis pas prête. Cela veut dire que je n’ai pas suffisamment vécu pour accepter de moins sortir, de ne plus pouvoir faire l’amour autant qu’on peut le faire maintenant, ou de partir plus difficilement en voyage. Tout cela, je l’ai réalisé grâce à ma sœur, qui même si elle peut compter sur nos parents pour garder son fils, fait certainement beaucoup moins de choses qu’avant (notamment les voyages!). Je l’ai aussi récemment réalisé à travers un article de Galliane, qui expliquait les difficultés pour garder une forte libido lorsqu’on a des enfants. Pour l’instant, perdre tout cela m’importe davantage que tout le bonheur que cela doit, peut représenter que d’avoir des enfants. Preuve donc que je ne suis pas prête!

grossesseEn ce moment, je me demande donc si tout au fond de moi je veux des enfants ? Je pense que oui, mais que j’ai surtout réaliser que pour les faire, il faut d’abord être heureuse, prête et le vouloir réellement pour que l’envie vienne. Pour l’instant, disons que l’envie s’est un peu mise en veille, pour me permettre de résoudre mes derniers conflits intérieurs, et me permettre de découvrir le plaisir de vivre. C’est pour cela que malgré tout, le fait que mon désir se soit fortement amoindri par rapport aux années précédentes me parait somme toute une bonne chose. Comme si j’avais compris que la vie se vivait pour soi, avant tout… puis ensuite pour les autres. Comme si j’avais compris qu’être mère, ça doit venir des tripes, et non d’une certitude intellectuelle. Comme si j’avais compris que ça engage sur la vie, et qu’un enfant, ça vous empêche parfois de faire ce que vous désirez.

Pour la première fois de ma vie, cela fait plusieurs mois que je ne désire pas avoir d’enfants, et quand j’y réfléchis calmement, je trouve ça logique. Comme une preuve de maturité, aussi paradoxal que cela puisse être : j’ai compris d’où venaient mes premiers désirs, et j’ai compris qu’ils étaient « faux ».

Cependant, avec le Fonctionnaire, j’ai abordé doucement le sujet, et nous sommes d’accord tous les deux : dans l’absolu, on refuse d’avoir des gamins maintenant. Quand, on n’en sait rien, on verra plus tard. Mais on est d’accord sur deux prénoms! Appoline et Jules. Appoline, je le souhaite depuis plusieurs années, je ne sais pas d’où vient ce désir, mais il s’est imposé comme une évidence! Jules, on l’a trouvé tous les deux… et on l’aime bien !

EDIT: il n’y a pas que le fait de ne pas avoir assez vécu qui me permet de savoir que je ne suis pas prête… J’ai encore quelques détails à régler avec moi-même, avant de pouvoir avoir mes enfants. Pas question qu’ils aient une mère pas terminée, ça leur rajouterait du travail dont ils n’auront pas besoin ! Ils auront suffisamment à faire avec leurs problèmes pour qu’ils portent les miens ! 😉

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