allaitement

La mise en place de l’allaitement

Ou comment combiner la mise en place de l’allaitement maternel avec la baisse hormonale ?

Ton bébé est né, tu n’as pas trop souffert de l’accouchement, ton corps se remet plutôt rapidement, et les deux jours passés à la maternité semblent annoncer des débuts difficiles, mais jouables. [Spoiler alert] C’est malheureusement sans compter sur un gros baby blues et les difficultés de l’allaitement.

La mise en place de l’allaitement maternel

Lors du peau à peau avec Claude, juste après sa naissance, la mise au sein s’est à peu près bien faite, ce n’était pas encore trop douloureux puisque je devais encore subir les effets de la péridurale. Elle semblait téter à peu près correctement, et je ne me souviens plus si c’était douloureux. Dès le lendemain, je continue de la mettre au sein dès qu’elle pleure, mais cela devient doucement douloureux, surtout à gauche. J’appelle alors une auxiliaire de puériculture, pour demander de l’aide, et nous réalisons alors que Claude n’ouvre pas suffisamment la bouche, et mord uniquement les tétons, et non l’alvéole avec. Il faudra alors toujours lui écarter ses lèvres, pour l’aider, et que cela soit plus supportable pour moi.

Malheureusement, la deuxième nuit sera un enfer, pire que l’accouchement: je n’avais aucun moyen d’appeler de l’aide, car le téléphone était trop loin, et la sonnette bien cachée. Impossible de lui faire ouvrir correctement la bouche, et je hurlerai de douleur de 21h30 à 5h, sans réussir à nous calmer. Nous nous y prenions tellement mal mutuellement que j’avais l’impression que l’on me découpait les seins à vif. Évidemment, je devais lui communiquer mon stress et mon angoisse, car elle ne cessait de pleurer. L’arrivée d’une première personne vers 9h me sauvera un peu, puisqu’on installera tout le « kit d’urgence » sur mon lit, pour que cette solitude ne se reproduise plus. Et seul le mari saura apaiser Claude immédiatement, sans rien faire, simplement en étant calme.

allaitement livreDans la journée, je retenterai la mise au sein, aidée à chaque fois par une auxiliaire, mais la douleur est toujours là, systématiquement. Les larmes reviennent parfois, et doucement, l’idée de passer au biberon fait progressivement son chemin: le mari ne supporte pas de me voir souffrir à ce point. Malgré toute cette souffrance, je suis incapable d’en vouloir à ma petite fille, que j’aime déjà de tout mon cœur, ses cris me faisant souffrir le martyre tant cela me fait de la peine de la voir malheureuse.

Le fameux baby blues

ou la baisse hormonale

Trois jours après l’accouchement, lorsque la plupart des femmes sont déjà rentrées chez elles, le corps féminin subit une très violente baisse hormonale, qui entraine quasi systématiquement une énorme déprime, durant laquelle on peut pleurer pratiquement toute la journée, durant plusieurs jours (la durée dépend de chaque personne) (et tout le monde n’en souffre pas aussi violemment).

Chez moi, cette déprime a été très violente, et pendant deux jours. Elle se combinait à de la fatigue, à l’échec de l’allaitement au sein, que j’ai vécu comme mon premier échec en tant que mère. Je me mettais une telle pression pour réussir à l’allaiter, que j’ai retenté après 24h de biberon de lui redonner, cela a marché pour deux tétées (je n’avais pas loupé ma montée de lait), mais c’est tout.

tire-laitJ’ai voulu essayer de tirer mon lait, mais même si j’ai largement de quoi nourrir ma fille, j’ai trouvé cela beaucoup trop fastidieux. En effet, je n’arrivais pas à trouver de position confortable pour faire couler mon lait en continu, je devais garder mes deux mains sur les récipients pour les maintenir dans une position correcte, et cela impliquait donc de toucher à la machine avec les pieds. L’utilisation d’un tire-lait à double pompage est particulièrement peu pratique, mais pourrait aussi faire l’objet d’un magnifique sketch, tant cela peut être absurde. La difficulté à utiliser la machine laissait croire / accroire que cela avait été conçu par un homme… J’aurais pu continuer, car j’arrivais à produire 100ml de lait en 40min, mais au prix d’une déformation complète de mes tétons.

Bref, deux essais, et j’ai aussi capitulé.

Capitulation qui a eu lieu durant ce baby blues, et durant lequel j’étais donc incapable de me dire qu’il valait mieux des parents heureux de donner des biberons, qu’une mère malheureuse de donner le sein.

Il aura fallu un énorme câlin avec le mari pour que cette déprime disparaisse, et que je comprenne que les biberons pouvaient être une excellente chose. Je sais combien je lui donne, elle grossi progressivement, et arrive parfois à nous faire de longues siestes de quatre heures!

Les cinq premiers jours avec elle auront donc été particulièrement violents, et même si j’avais lu que le baby blues existait, je n’avais pas compris à quel point cela pouvait être dur à vivre. En discutant avec ma mère, c’était aussi douloureux pour elle que pour ma sœur. Si nous pouvions rester cinq jours à l’hôpital, cette baisse hormonale serait peut-être un poil moins violente, avec l’aide du personnel pour nous rassurer.

Depuis, nous donnons plusieurs biberons à Claude, le père est plus que ravi de pouvoir mieux s’investir, et tout va beaucoup mieux. Certes, on ne comprend pas toujours pourquoi Claude crie, mais en deux semaines, je trouve que l’on a très bien pris nos marques. Et j’adore la regarder boire son biberon, avec ses deux poings serrés sous le menton <3. Finalement, l’allaitement parental est un vrai bonheur…

(accessoirement, j’ai eu de la lanoline trop tard pour apaiser les tétons, on n’a pas vérifié si Claude n’avait pas un problème au frein avec un-e osthéo, et je n’ai pas essayé avec des protèges-tétons en silicone)

Pour les mères qui me lisent, cela a été aussi difficile pour vous les débuts avec le premier enfant ?

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1 Comment

  • mirabelle 28 septembre 2016 at 10 h 55 min

    Bonjour,

    Si cela peut te rassurer, pour ma première, j’ai eu beaucoup de difficultés aussi, la montée de lait est arrivée très tard, suite à ma césarienne, j’ai eu énormément de douleurs, et ma fille avait un torticolis. Je suis passé à un allaitement mixte assez rapidement. Je me revois à 1h du matin avec le tire-lait… On fait de notre mieux et comme on peut 🙂 et si vous avez trouvé votre équilibre, c’est le principal.

    Pour le 2ème, j’ai pris les devants pour mettre toutes les chances de notre côté, malgré une seconde césarienne. J’ai pris de l’homéo, qui a accéléré la monté de lait, j’ai refusé les visites ce jour-là sauf les grand-parents, et le début s’est très bien passé…, on a fait l’ostéo.ensuite, j’ai tenu bon mais non sans stress mis par le corps médical car le petit poussin prenait du poids une semaine sur 2…Par contre , je n’ai pas eu les douleurs que j’avais connu la premier fois ou du moins j’ai su y remédier très rapidement. Et la fatigue était +++, je ne saurais te confirmer encore maintenant, si cela a été finalement juste bien ou très positif, car le petit dormait par tranche de 20 min la journée (2/3 périodes), au sein les 3/4 de la nuit les 4 premiers mois…et il n’a jamais été un gros dormeur. Peut-être me suis-je mis trop de pression pour réussir l’allaitement.

    D’où le fait que je reste persuadée que chaque famille doit trouver ce qui lui convient.

    Si on se décide pour un 3ème, j’espère être plus sereine.

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