Mon avortement, quelques mois plus tard

J’ai beaucoup hésité sur le type de note que je voulais faire pour le blog de Lyly June, et finalement, j’ai préféré parler de l’avortement, un sujet qui me tient à cœur, en espérant que cet article soit utile ne serait-ce qu’à une seule personne. Désolée, je pense que ce sera un peu long…

Histoire que cela ne soit pas trop impersonnel, je vais me présenter en quelques mots : j’ai presque 30ans, j’ai passé 9 années merveilleuses avec mon ex-mari, mais il y a quelques mois, il m’indique qu’il souhaite vivre avec une autre femme… Le choc a été extrêmement brutal, vous pouvez l’imaginer, et lorsque je commençais à peine à m’en remettre, j’apprends que j’étais enceinte de lui, et ça a été je pense la pire épreuve que j’ai eu à traverser, et encore maintenant, 4 mois après l’opération, ça reste encore douloureux, parce que cet enfant, je le voulais plus que tout…

Tout d’abord, comment suis-je tombée enceinte ? C’est arrivé durant nos vacances, où comme une idiote, j’ai oublié de prendre ma pilule pendant une semaine (la première semaine de la plaquette), et j’ai donc décidé d’attendre que mon prochain cycle arrive. Évidemment, nous passons aux capotes, mais malheureusement, pas dès le début du rapport, uniquement pour les derniers moments, où l’homme termine… et c’est comme ça que je suis tombée enceinte !

Je ne m’en suis pas rendue compte à temps, car j’ai des cycles très longs (3 mois), et comme j’étais complètement choquée par la décision de mon ex-mari, je pensais que le corps répercutait tout cela… Ce n’est qu’à 13 semaines sans règles, qu’inquiète, je décide de faire un test, qui s’avère être positif, et c’est là que l’enfer a commencé, mais je ne vais pas m’étendre dessus, je vais tout d’abord vous expliquer ce qu’on peut faire.

Lorsqu’on souhaite avorter, plusieurs solutions se présentent :

À moins de 7 semaines de grossesse, on peut choisir d’avorter à l’aide de médicaments que prescrivent les gynécos. Solution simple, rapide, qui permet de le faire chez soi, bien entouré. Je pense que c’est la meilleure solution si on l’apprend tôt, et qu’il n’y a pas de problèmes. On connait la date exacte par une écho, et les techniciens évitent de montrer l’écran si on ne souhaite pas garder le bébé, pour éviter une épreuve supplémentaire.

avortement, planning familialDe quelques semaines à 14 semaines de grossesse (délai limite pour avorter en France), c’est tout un parcours du combattant ! A moins de 12 semaines, un délai d’une semaine, et une lettre de son médecin sont obligatoires entre la première consultation et l’opération. Car oui, il s’agit d’une opération, sous anesthésie générale ou locale. Ce que je conseille à toutes les femmes, c’est d’appeler : le Mouvement Français pour le Planning Familial. Il s’agit d’une association de bénévoles (pour la plupart), à tendance féministe (mais pas trop). Ces personnes savent particulièrement bien écouter, et savent exactement ce qu’il faut faire, et sans jamais le moindre jugement. Je suis d’abord allée voir un Planning familial (ce qui n’a rien à voir avec le MFPF), et on m’a conseillé un gynéco qui était supposé opérer jusqu’à 12 semaines. Malheureusement, ce n’était pas le cas, et surtout, on ne m’avait expliqué précisément comment se passait un avortement par opération.

Il faut d’abord prendre un premier RV, durant lequel le médecin pose pleins de questions, et nous fait une prise de sang pour l’anesthésie. Ensuite, 48h plus tard, l’opération peut avoir lieu. Je ne savais pas tout cela, et par conséquent, je suis arrivée chez le médecin, pensant pouvoir me faire opérer immédiatement. Et là, le médecin m’a passé un sacré savon, comme s’il ne pouvait imaginer l’épreuve que je traversais !

Je me retrouvais donc hors délais, à cause d’un planning qui m’avait mal orienté ! Je suis allée par la suite au MFPF, qui m’a donné l’adresse d’une clinique hollandaise, avec laquelle ils ont des tarifs privilégiés, et dont ils connaissent la manière de travailler.

Un aller retour en Hollande

J’y suis allée, conduite par mon père, qui a fait plus de 12h de conduite dans la journée, et qui ne s’est jamais autant ennuyé, car l’attente là-bas est TRES longue !!! C’est une clinique spécialisée dans les IVG, qui parle plusieurs langues, et dont les personnes sont formidables. J’ai été très écoutée, soutenue, encouragé : je ne les oublierai jamais. On passe d’abord un premier entretien, pour que le personnel soit bien sûr que c’est une décision totalement personnelle, prise en notre âme et conscience. Il n’y a jamais de jugement de leur part, au contraire, le soutien est très fort. Un second entretien, avec une autre infirmière permet de vérifier que nous n’avons pas de problème de santé, pour que l’opération se passe au mieux. Ensuite, c’est l’attente, longue, stressante pour que la salle d’opération se libère. L’opération est très rapide, en 20 minutes tout est fait, et ensuite, on doit se reposer et se restaurer durant 2h.

Voilà, maintenant, vous savez ce qu’il faut faire lorsqu’on décide de se faire avorter. Pour toutes celles qui ont la chance de ne pas passer par cette épreuve, sachez qu’il s’agit toujours d’une réelle épreuve pour la femme qui doit en passer par là, que si elle fait ce choix, c’est en y ayant pleinement réfléchi et qu’il n’est jamais facile !

Si j’ai choisi d’avorter, alors que je voulais garder ce bébé plus que tout, c’est avant tout pour le bébé, aussi paradoxal que cela puisse paraître : je n’aurais pas pu l’élever correctement, il aurait grandi dans un climat hostile, où son père l’aurait certainement détesté (ou du moins, lui ferait régulièrement comprendre que sa mère est une conne), ou alors n’aurait pas connu son père (car mon ex-mari n’est pas au courant de tout cela, simplement parce que ç’aurait été une épreuve trop violente pour moi, je n’en avais pas la force, et je savais ce qu’il croyait penser). Donc, j’ai choisi cette solution pour que mon futur bébé soit heureux… mais il n’y a pas une semaine où je ne pense pas à lui… jamais je n’oublierai ça…

Si vous avez la moindre question, le moindre doute, je peux vous répondre, dans la mesure de mes capacités, ou vous pouvez appeler le Planning familial, au 01 48 07 29 10.

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