vésicule

Se faire enlever la vésicule pendant la grossesse ?

Depuis 1.5 an, j’ai des soucis avec ma vésicule, qui produit un peu trop de calculs, trop gros pour passer sans que cela ne soit douloureux. Ma première crise a eu lieu… le 30 septembre 2014. Comment ai-je réussi à ne pas oublier la date? Elle avait eu lieu le jour de la grève des pharmaciens, alors que je ne comprenais absolument pas la douleur qui me tordait en deux.

Lorsqu’un calcul est trop gros pour être éliminé naturellement par la vésicule, la douleur est vraiment intenable, et ressemble au départ à des brûlures d’estomac. De septembre 2014 à novembre / mai 2015, j’ai eu trois crises, toujours les mêmes, qui me tordaient en deux pendant plusieurs heures, et le temps d’action des médicaments me semblait alors toujours trop long. Lors de ma dernière crise, je suis allée voir un spécialiste (d’une gentillesse telle que j’en était toute perturbée en sortant de son cabinet), qui m’a conseillé une fibroscopie, pour comprendre l’origine de ces calculs. Elle n’a rien donné de particulier, et je devais alors le recontacter en cas de nouvelle crise… Sauf que tout s’est passé tranquillement jusqu’à début mars 2016, pendant ma grossesse donc.

Et là, les douleurs étaient toujours aussi vives, mais différentes : elles semblaient encore plus violentes, mais par vagues de 45 minutes, suivies de 20minutes de repos. Sauf que là, j’étais perdue : pouvais-je prendre les médicaments conseillés par le spécialiste ? Pouvais-je attendre cinq jours pour le voir, puisqu’il n’était pas disponible avant ? Bref, j’ai fini aux urgences, où après une longue échographie, on a réussi à trouver ces calculs, bien planqués près du pancréas.

Les problèmes liés à la vésicule pendant la grossesse sont apparemment fréquents, mais on n’en parle jamais. Les femmes enceintes seraient plus susceptibles d’avoir des calculs biliaires un peu plus grands qu’en temps normal, et ils semblent plus ou moins faire partis du lot « reflux gastriques »Yeah !

Je suis donc restée trois jours à l’hôpital, le temps que l’on puisse me faire une fibroscopie, pour enlever ces calculs et élargir le passage. Opération sous anesthésie générale, où l’on fait passer la caméra et les différents instruments par la bouche et la gorge… Sensation d’avoir un énorme chat dans la gorge au réveil garantie. Malgré l’anesthésie générale, cette opération était bénigne, et pour la plupart des femmes enceintes, on en serait resté là, le passage problématique ayant été bien élargi. La question de l’ablation de la vésicule se poserait alors après la grossesse, lorsque tous les risques sont écartés pour le fœtus. Dans mon cas, après une longue discussion avec le très jeune chirurgien (qui en avait lui-même parlé à l’équipe gynécologique de l’hôpital et à sa femme, elle-même gynéco), nous avons décidé d’un commun accord de faire une cholécystectomie (à vos souhaits), c’est-à-dire de m’enlever la vésicule… pendant ma grossesse. Celle-ci devait avoir lieu impérativement vers le milieu du deuxième trimestre, au moment où le fœtus est suffisamment grand pour « rester accroché » mais pas trop pour ne pas gêner le médecin.

Pourquoi maintenant et pas après la grossesse ? Vu mon terrain favorable aux calculs, personne n’était sûr que je n’aurais pas de nouvelles crises, plus graves, et qui nécessiterait une opération en urgence. Le risque étant surtout pendant le dernier trimestre, où toute opération donne l’impression au bébé que c’est l’heure de sortir… beaucoup trop tôt donc !

Tout ça pour en arriver à cette question :

Comment se passe l’opération de l’ablation de la vésicule ?

ablation vésiculeC’est une opération courante, bénigne et qui laisse de minuscules cicatrices. Elle se fait évidemment sous anesthésie générale, et le chirurgien fait quatre trous minuscules sur l’estomac (trois de moins de 5mm, et celui au niveau du nombril d’à peine 1cm). Et il passe tous ses instruments, la caméra par ces quatre trous ridicules, pour suivre l’opération sur un écran. L’opération peut durer de 30 min à 2h, selon l’état de la vésicule. En temps normal, on est opéré le matin, on sort le soir, mais par précaution, on m’a gardé 24h, pour s’assurer que tout se passait bien.

Maintenant que j’y pense, je me demande comment le chirurgien a-t-il réussi à faire passer la vésicule par des trous aussi petits, alors qu’elle ferait 10cm de long ? Je lui poserai question fin mai, pour le rendez-vous de contrôle.

ablation vésiculeEn revanche, j’ai eu la peur de ma vie au moment du réveil : impossible de respirer, j’avais l’impression de m’évanouir tout le temps, j’ai vraiment cru que j’allais y passer tant la suffocation était angoissante. Je n’oublierai jamais ça.

Tout comme je n’oublierai jamais la conclusion du chirurgien le lendemain, lorsqu’il est venu me faire le compte-rendu de l’opération : L’opération a été très rapide (moins de 30min), j’en ai profité pour regarder si le fœtus allait bien: vous avez un magnifique fœtus, félicitations !. J’étais morte de rire intérieurement : c’est bien un compliment de médecin !

Et maintenant ?

Belle contradiction entre le chirurgien et la diététicienne de l’hôpital : pour l’un, aucun régime particulier ni maintenant, ni après, pour l’autre, interdiction de consommer le moindre gramme de gras pendant 2 semaines: lait & yaourts 0% uniquement, pas de beurre, pas d’avocats, pas de viandes trop grasses, pas de vinaigrettes avec de l’huile… Bref, j’ai fini par diminuer les graisses pendant une semaine, non sans difficultés.

Quant à mes prochaines années sans vésicule, je n’ai aucune inquiétude : mon grand-père n’a plus la sienne depuis… 35/40 ans (voire plus), elle ne lui a jamais manqué, et il se porte encore très bien à 92 ans. Mon père n’a plus la sienne depuis 5 ans, pas de soucis non plus.

Je devrais simplement éviter les repas ultra gras, mais finalement, ça n’arrive pratiquement jamais, il faudrait enchainer un confit de canard avec des fromages, un gâteau lourd et terminer par de la crème glacée pour digérer 😉

Cela fait 2 semaines que l’opération a eu lieu, les douleurs se sont estompées assez rapidement, mais j’ai encore une gêne au niveau de la cicatrice du nombril, et parfois à celle de droite, quand je prends de grandes respirations, mais ça passe tranquillement. D’un point de vue alimentaire, j’ai bien supporté les 4 jours chez ma belle-mère, qui cuisine assez grassement, cela me semble plutôt bon signe pour la suite.

Rendez-vous vendredi soir pour l’écho dite morphologique pour s’assurer à 200% que tout va bien 😉

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