deuil enfant miracle

Se préparer au deuil #2

Les articles se suivent et se ressemblent. L’article d’hier aurait dû être publié le 20 septembre, j’ai donc continué à laisser le deuil venir. Comme ma mère me l’expliquait si justement, après la révolte, la colère, vient le temps de l’acceptation, de la résignation. La douleur est toujours là, toujours vive, difficile, mais on apprend à la laisser venir.

J’ai passé le weekend chez ma mère, avec mon frère, nous en avons beaucoup parlé, ce qui m’a apparemment fait beaucoup de bien, même si c’était dur sur le moment. Je continue de culpabiliser de partir en Écosse dès vendredi, mais je me suis promise d’égayer leur quotidien autant que possible à mon retour. Leur apporter un gros petit déjeuner surprise un dimanche matin par exemple. Faire de tels projets aide à tenir, à se dire que cela aidera tout le monde, que cela leur apportera un peu de sourires. Après, si ce deuil venait plus rapidement, si elle m’empêche de réaliser tout ce que j’aimerais leur apporter, ma culpabilité n’en sera que plus grande. Alors, je pense, je pense à lui, à elle, et j’espère.

Je pense tous les jours à ma sœur, à sa famille, et je n’arrive pas à imaginer comment peut-on arriver à préparer ses enfants à une telle épreuve ? Comment peut-on expliquer à son enfant que sa maladie est bien plus grave qu’il ne le pense ? Comment peut-on le préparer à mourir ? Et enfin, comment pourra-t-elle expliquer à ses deux autres enfants qu’ils vont perdre leur frère, qu’ils aiment tant détester ? (comme tous les enfants). Cette épreuve me semble si difficile, comme si elle n’avait pas supporté suffisamment de choses jusqu’à présent.

 

Malgré tout, cela reste douloureux, je ne peux m’empêcher de me mettre à sa place, et c’est impossible de réussir à imaginer comment vivre sans Claude. En tant que parent, je pense que ça reste impossible de ne pas se projeter. Surtout quand on connait notre patrimoine génétique favorable aux cancers… Et derrière, une angoisse sourde, que je n’arrive pas à calmer : ma fille en aura-t-elle ? Pourrais-je vivre assez longtemps pour la voir grandir ? Cette dernière question est liée au décès de ma tante préférée, à 36 ou 37ans, mon âge… Depuis, cela ne me hante pas, mais j’ai cette inquiétude au fond de moi.

 

 

Il me reste toutefois un dernier espoir pour les aider, tenter un courrier au Pape François, qui semble essayer d’aider ses fidèles. C’est peut-être ridicule, mais comme toujours, lorsque je traverse une phase difficile, j’ai besoin de faire travailler mon imagination, et de me dire que j’aurais tout essayé. Il ne me reste plus qu’à la rédiger, c’est loin d’être facile, ne serait-ce que pour avoir (au minimum) une réponse « officielle » du Vatican. Au pire, cela restera sans effet, au mieux, cela l’aidera, et c’est le plus important.

Rendez-vous sur Hellocoton !

5 Comments

  • Shaya 27 septembre 2017 at 8 h 48 min

    Je ne crois pas qu’aucun parent ait à préparer son enfant à mourir, en général ces enfants sont extrêmement lucides même s’ils ne disent rien, ils savent qu’ils vont mourir, ils voient bien que les traitements ne marchent pas, qu’ils s’affaiblissent etc…
    Je suis désolée pour lui, pour ta famille. Je t’embrasse fort.

    Reply
    • Elizabeth 24 octobre 2017 at 10 h 45 min

      Un mois plus tard, j’ai le courage de te répondre.
      Aux dernières nouvelles, les parents n’ont rien dit à mon neveu, qui ne pose d’ailleurs aucune question. Oui, il doit se douter de quelque chose, surtout maintenant, mais j’espère qu’il ne le « comprend » pas réellement.

      Reply
  • Mado 2 octobre 2017 at 17 h 08 min

    C’est une situation bien triste que vit ta famille et c’est dans ces moments là qu’on relativise beaucoup de choses… Je crois qu’on n’est jamais prêt au deuil, surtout quand il s’agit d’un enfant, qu’on ne le surmonte jamais vraiment mais qu’on vit avec… Ma famille a connu de nombreux décès, notamment de jeunes, et c’est pourquoi nous avons pris l’habitude de profiter de chaque minute, de chaque événement et d’être toujours là les uns pour les autres. Chaque petite joie, chaque petit sourire, chaque petit bonheur a alors encore plus de valeur car on sait combien ces moments sont éphémères et donc précieux. C’est une bonne idée d’essayer d’apporter ces petits moments de répits à ta sœur, de lui changer un peu les idées, même si ce n’est que pour quelques heures. Et puis la présence de ses autres enfants l’aidera aussi à tenir et à vivre « sans »… En tout cas, je pense bien fort à vous tous…

    Reply
    • Elizabeth 24 octobre 2017 at 10 h 48 min

      Merci infiniment pour ton commentaire, et tu as parfaitement raison : chaque bonheur est décuplé depuis quelques semaines. Je me plonge à corps perdu dans les sourires, dans les rires de ma fille, qui ont maintenant une autre saveur… plus intense je dirais

      Reply
  • Comment ma soeur se prépare à la mort de son fils Elizabeth 21 novembre 2017 at 18 h 46 min

    […] qui soulage ses reins, pour leur permettre de travailler le plus lentement possible. Depuis mon dernier article, l’acceptation se fait doucement, les larmes sont moins […]

    Reply

Leave a Comment