bore out

Qu’est-ce que le bore out ?

Il y a pratiquement un an, je changeais de fonction, en quittant enfin le statut d’assistante, pour travailler au DSI de ma boite, et devenir… chargée de solution web ou webdesigner (j’ai les deux titres, selon les annuaires / organigrammes). J’en étais ravie, le poste semblait très intéressant, et j’étais motivée. Sauf que très vite, j’ai été confrontée à un bore out subtil et un peu vicieux.

Grosso modo, depuis novembre / décembre 2015, je n’ai pratiquement rien à faire, et j’ai l’impression que mon activité professionnelle n’a cessée de décliner depuis février, et bien davantage depuis que le directeur du département et ma N+1 ont appris pour ma grossesse. Je leur ai bien spécifié que j’avais du temps, mais non, point de travail supplémentaire. J’ai bien essayé d’en trouver, je me suis davantage investie dans mon petit CE local (dont je suis la présidente), et qui m’occupe un peu, mais cela ne suffit pas à pleinement occuper mes journées. Concrètement, je dois avoir l’équivalent d’une demi-journée de travail par semaine, peut-être une journée complète les semaines fastes. Pour couronner le tout, j’aurais dû avoir des formations pour m’adapter à mon nouveau poste, et 9 mois plus tard, je n’en ai toujours pas suivi une seule.

Venir au bureau pour faire acte de présence, et chercher à s’occuper reste quelque chose de psychologiquement très difficile à encaisser, puisqu’avoir un travail est plutôt une chance, se plaindre de n’avoir rien à faire est moyennement bien vu. J’ai donc plutôt l’impression d’être au chômage, sauf que contrairement à d’autres, je n’ai pas encore franchi le pas de regarder des séries. J’ai essayé de m’auto-former sur des domaines qui m’intéressent, mais au bout d’un certain temps, je stagne et j’ai du mal à avancer : j’ai besoin d’une personne en face de moi pour me donner envie d’aller plus loin. Certes, je maitrise de mieux en mieux WordPress, mais pas au point d’arriver à créer mon propre thème par exemple.

Comment je m’occupe ?

bore outJ’ai créé le livre du mariage et celui de l’Islande au bureau (il faudrait que je pense à faire un comparatif des sites utilisés d’ailleurs), j’ai énormément lu sur la grossesse, sur les « astuces » pour élever son enfant, j’ai fait mon étude de marché sur la poussette (c’est pire que choisir une voiture j’ai l’impression), j’ai remis en route mon site quand il avait planté en octobre (en y ré-insérant de vieux vieux articles d’ailleurs), j’ai organisé notre weekend bolonais, j’ai fait ma liste de naissance, je me suis renseignée sur les modes de garde… Malheureusement, depuis un mois, je n’arrive plus vraiment à m’occuper personnellement, à force d’être toujours sur un ordinateur, la démoralisation est de pire en pire. J’ai l’impression d’être au chômage, sans pouvoir sortir, voir le soleil (pour couronner le tout, je suis dans un bureau aveugle), ni regarder des séries ou lire.

Je commence à vivre cela de plus en plus mal, malgré des collègues adorables, mais d’un autre service (avec lesquels je ne bosse pas malheureusement), et mes journées sont de plus en plus courtes : j’arrive souvent entre 9h30 et 10h, pour en repartir vers 16h ou 16h30. Je redoute terriblement le mois de juillet, quand l’activité générale déclinera et que je ne serai pas encore en congé maternité (je vais quand même essayer de prendre des vacances, mais j’attends de savoir si je pose des congés, ou si je serai arrêtée). Venir pour faire acte de présence, pour répondre à une dizaine de mails à peine (versus 70 quand j’étais au plus fort de mon activité), ou pour m’occuper de mon CE local mais pas pour m’occuper d’un travail reste douloureux. Se lever pour affronter une journée d’ennui devient pesant. Certes, je suis payée pour ne pratiquement rien faire reste lourd à porter, surtout quand on est aussi dynamique et motivée que moi. Ce gâchis de l’argent public avec mon salaire si mal utilisé me fait aussi mal au cœur. Je suis concrètement bien en plein bore out, et je compte les jours jusqu’à la « quille », le congé mat’.

Dans ma tête, je ne prévois donc absolument pas de revenir où je travaille, plutôt de chercher ailleurs, mais sans savoir si je souhaite rester dans la Fonction publique, rester dans mon domaine (à mi-chemin entre la communication et les métiers du web), ou me reconvertir totalement. Mais alors, pour faire quoi ? Je ne tarderai pas à me renseigner sur les bilans de compétence, en espérant en trouver un bien, pas trop cher, car je n’ai pas assez d’ancienneté dans la FP pour y avoir le droit. Et surtout, j’aimerais trouver un poste avec un salaire correcte, car je suis loin d’être correctement payée.

Ça vous est déjà arrivé de vous ennuyer aussi longtemps au travail ? Comment avez-vous réussi à vous en sortir ?

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3 Comments

  • Sandra 10 juin 2016 at 21 h 00 min

    Votre article m’a interpellé, j’ai écrit à ce sujet il y a quelques mois … C’est un vrai phénomène le bore out je suis en plein dedans en ce moment et ce n’est pas simple … J’ai essayé aussi l’autoformation mais sans succès et même les activités que j’aimais me désolent. J’ai tenté un détachement cette année mais faute d’ancienneté je n’ai pas été prise ! Comme vous grâce à ça je peux m’occuper de mon mariage tranquillement et je me renseigne sur la grossesse même sans être enceinte ! Bref, l’ennui total , je songe aussi à une reconversion mais où ? Affaire à suivre ! C’est sympa de voir que je ne suis pas seule !

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    • Elizabeth 13 juin 2016 at 9 h 27 min

      Merci pour votre témoignage, c’est vrai que ça rend le moment moins difficile de savoir que l’on n’est pas seul-e à vivre cela. Comme vous, je me suis occupée avec les mêmes choses : l’organisation du mariage, des renseignement sur la grossesse, mais psychologiquement, c’est dur de se dire que l’on en est réduite à ne faire que des choses personnelles sur son temps de travail. Bon courage !

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  • Et maintenant, où en suis-je de ma vie professionnelle ? 27 mars 2017 at 9 h 46 min

    […] d’être en congé maternité, ma vie professionnelle était difficile, trop peu de tâches à faire, malgré des collègues adorables. Je ne venais que […]

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